BONJOUR SAINT-URSANNE


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SAINT-URSANNE

Petite cité jurassienne des bords du Doubs, Saint-Ursanne est un site d'importance
nationale, qui mérite bien d'être bénéficiaire de la collecte de l'Ecu d'or 1979.

La cité a pour origine le sanctuaire fondé au VIIe siècle par saint Ursicinus, pour une communauté monacale qu'il allait d'ailleurs quitter peu après. Ses compagnons érigèrent au bord du Doubs une abbaye bénédictine, transformée au début du XIIe siècle en un chapitre de chanoines. L'évêché de Bâle fit en 1139 l'acquisition de la localité qui s'était développée autour de l'établissement conventuel, et en 1210 celle du chapitre lui-même. Celui-ci, resté à l'écart des troubles de
la Réforme, mena une existence discrète jusqu'à la Révolution française, qui chassa les chanoines et, en 1803, transforma leur collégiale en église paroissiale.
Cette collégiale est aujourd'hui encore le centre de Saint-Ursanne. Avec son choeur roman et sa nef gothique à deux bas-côtés, elle est un des plus beaux édifices du pays et bénéficie à ce titre de la protection fédérale. Les bâtiments profanes de la cité sont groupés autour d'elle. Au XIIe siècle, le bourg était
entouré de fortifications en demi-cercle; elles ont aujourd'hui disparu, mais
leur empreinte est encore manifeste dans la configuration des rues et la position des maisons. Après l'incendie de 1403, l'ancien centre fut prolongé vers l'est, et ainsi apparut un vif contraste entre la structure régulière du nouveau quartier et l'aspect concentrique de la vieille ville. Aux XVIe et XVIIe
siècles, les anciennes entrées furent remplacées par de nouvelles portes de ville, et le pont sur le Doubs, de forme archaïque fut construit en 1728. Ce n'est qu'en notre siècle que la construction a débordé, encore que dans une modeste mesure, du cadre historique.
La situation écartée de Saint-Ursanne a fortement freiné son développement économique durant les dernières décennies. Cela se reflète dans la structure démographique: la majeure partie des quelque 1000 habitants sont âgés, et la localité ne compte
plus que cinq agriculteurs en activité. Il y a cependant 350 personnes environ occupées dans de petites entreprises industrielles, dont un bon nombre sont des frontaliers français. On trouve en outre dans la vieille ville une vive activité et quelques commerces. En revanche, la zone centrale souffre précisément du vieillissement, car les habitants les plus jeunes vivent dans les nouvelles bâtisses de la périphérie. Cette évolution ne peut être stoppée que si les anciennes demeures sont rénovées et adaptées à notre temps.
Depuis fort longtemps déjà, les habitants ont édicté des règles d'urbanisme très strictes. Un règlement de construction exemplaire protège l'ensemble de la vieille ville et règle dans les moindres détails - fenêtres, portes, crépis, coloris, etc.
- la transformation des immeubles et l'aspect des maisons nouvelles. Mais tout cela coûte cher et la collecte de l'Ecu d'or vient à point nommé pour permettre le
financement des rénovations et le maintien de cette pittoresque cité médiévale.


in:
Le véritable MESSAGER BOITEUX. Almanach romand fondé en 1708.
273e année, 1980, p. 68, avec 1 photo



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