André Besson Mon Pays Comtois Paris, Editions France-Empire, 1996
Du pays de Montbéliard au Jura suisse
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C'est à Saint-Ursanne, dans une auberge en bordure du Doubs, que nous pourrons déjeuner avant d'entreprendre la découverte de la plus pittoresque des cités jurassiennes. La table y est excellente et nous pourrons y déguster les produits de la pêche en rivière ou en étang: truite au bleu, meunière ou aux amandes, grenouilles, friture de carpes. Les omelettes aux champignons, les croûtes aux morilles et le jambon à l'os, les civets de gibier figurent également au menu, le tout arrosé d'un fameux "Oeil de Perdrix" fierté du vignoble neuvillois.
Saint-Ursanne doit son nom à un évangélisateur disciple de Colomban, compagnon de Gall, qui fut chassé avec eux de Luxeuil par la haine de Brunehaut et vint se fixer dans le val où il fonda un monastère. La légende veut que les ours le servaient par ordre de Dieu et lui apportaient des racines et des fruits.
Le pont Saint-Jean Népomucène qui enjambe le Doubs est un bijou dont tous les peintres locaux se sont inspirés depuis des générations. Il faut parcourir la ville à pied, de la porte Saint-Pierre à la porte Saint-Paul afin de mieux connaître tous les détails gravés dans la pierre des maisons à tourelles, dans les statues, les fontaines, les vieilles enseignes, les remparts où l'on re trouve, enfoncés, les boulets de Charles le Téméraire. Quant à la collégiale, elle vaut à elle seule le voyage. Elle n'a rien à envier aux plus belles églises de France et d'Italie. Son porche roman date de la fin du XIe siècle. On y voit, dans ses entrelacs, des figures de loups et de moines. Dans l'un des piliers de la nef, une loge isolée permettait, au Moyen Age, aux pestiférés de venir enten- dre la messe.
C'est à regret que nous quitterons Saint-Ursanne pour gagner le val de Delémont, l'un des plus caractéristiques et des plus beaux du Jura suisse.
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