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SAINT-URSANNE ET SES RUES CHEMIN DU BEL-OISEAU Celui-ci s'en va de la chapelle de Lorette vers la forêt du Bel-Oiseau. La commission a jugé bon de modifier le chemin de Paquoille en celui plus poétique de chemin du Bel-Oiseau. Certes, la dénomination du lieu-dit: Paquoille, subsiste. Du latin: pascua: pâturage, on en a fait: pacua, Paquoille. C'est sur ce pâturage qu'au début de ce siècle, Babette Bono, née Dressler, construisit la maison à laquelle on a donné le nom de la parcelle de Paquoille. L. Jolissaint, forestier en 1855, dans son "Essais d'aménagement des forêts de Saint-Ursanne", décrit Bel-Oiseau comme une antique sapinière, au sous-sol profondément disloqué. Rocailleux à la surface, éminemment favorable à la croissance des grands végétaux ligneux. Il y relève des sapins dont l'âge moyen varie entre 100 à 190 ans, et des hêtres entre 40 et 100 ans. Cette forêt appartenait à la commune et non pas au chapitre. Elle ne figure pas dans la liste des biens, vendus comme "biens nationaux" à la Révolution. Elle est surtout célèbre pour sa source d'eau ferrugineuse. Captée vers 1905 par l'érudit breton qu'était L. Radiguet, ses eaux alimentaient un établissement de bains installé par lui dans le champ de Paquoille. Les bains de Bel-Oiseau, que de souvenirs. Hélas ! ceux-ci ne furent qu'éphémères. Il fut un temps où le ramassage des faines était réglementé. Il était strictement défendu de récolter ces fruits dans les forêts mises à ban. Or, le 7 novembre 1729, le magistrat inflige des amendes de 10 batz à des délinquantes. Le "banvard" (de l'allemand: bannwart, du vieux français: bangard et du patois: banvaîd), garde-forestier et champêtre, Jean-Baptiste Eray, avait surpris à ramasser des faines dans la côte du Bel-Oiseau, trois des filles d'Eray Grillon, la fille de Jean-François Delfils et celle du maire de La Motte. Dans le protocole du même jour, on relève encore: "La femme de Nicolas Quillerat, la fille d'Ursanne Bouvier le charpentier, avec Marguerite, l'une des filles de feu Jean-Ignace d'Eschamps, ayant aussi chacune d'elle encourue le même chatois de 10 batz pour s'être aussi trouvée a cueillir de la feinne dans la Côte du Bel-Oiseau, au rapport du banvard." Chemin du Bel-Oiseau, un nom si pittoresque. |