SAINT-URSANNE ET SES RUES
CHEMIN DU CLOS SAINTE-CATHERINE
Celui-ci prend naissance "au bout du pont" et s'en va rejoindre le sentier dit "de Montenol".
Certains le dénomment "Chemin du Cimetière", d'autres "Clos Sainte-Catherine", voire même
"Chemin de la Marnière". Il est vrai qu'il conduit à La Marnière, là-même où le Doyen Charles-
Ferdinand Morel, dit en 1813 "que l'on tire une marne d'excellente qualité à Saint-Ursanne", mais
il longe et dessert surtout le Clos Sainte-Catherine, situé entre La Gindrée et La Marnière.
En 1349, le prévôt Hennemann Münch amodiait (concédait l'exploitation) au chanoine de Brettelen,
le Clos Sainte-Catherine dans lequel ce chanoine, après y avoir bâti une maison, était autorisé à
y élever de nouvelles constructions. Tout un quartier sur la rive gauche du Doubs, a été emporté
par les siècles et vers 1880, on y voyait encore l'emplacement de plusieurs bâtiments.
Le nom de ce lieu-dit, figurant sur le plan de 1832, vient que cette parcelle était une donation en
faveur de la chapelle de Sainte-Catherine, une des dix-huit chapelles de la Collégiale dès le XIIIe
siècle. En 1350 déjà, on le situe "au-dessus du chemin qui conduit à la fontaine de la Gendrey
(Gindrée), entre le jardin de Gruesseria et la maison de Chade Ku". Rassurez-vous, ce dernier voca-
ble n'est pas péjoratif, mais un simple nom de famille de l'époque. On l'orthographiait également
Chadecu ou Chaudecu. Enfin, il veut dire ce qu'il veut dire "(Des Chaudecu vivaient aussi à
Delémont au XIVe siècle).
En 1334, le bénéfice de location d'une maison à Saint-Ursanne, va également à la chapelle de
Sainte-Catherine. Nous avons retrouvé trace de quelques chapelains desservant son autel,
entre autres: Richard Firmiat en 1405, Pierre Scherern en 1450, etc.
Rappelons brièvement que sainte Catherine, martyre du IVe siècle, est la patronne des
Catherinettes, ces jeunes filles qui, à vingt-cinq ans, en mal de maris, coiffent le bonnet de
sainte Catherine. Patronne également des savants, des meuniers, des théologiens, des charrons
et des potiers (à cause des différentes phases de son martyre).
En un chemin au nom si plein de charme, gageons que toutes les jeunes filles y habitant ne
*coiffent pas sainte Catherine"