SAINT-URSANNE ET SES RUES
CHEMIN DU TILLOT
Un nouveau quartier est né à Saint-Ursanne en 1974, celui du Tillot.
Dérivé du latin "tilia", le tilleul a donné son nom au bâtiment de la métairie du Tillot. Ce fief du
chapitre appartenait en 1590 au maire François Bassand. En 1630, à son fils François-Bernard. Il
passa ensuite entre plusieurs mains. Au châtelain de Saint-Ursanne, Ulrich-Guillaume Brimsy de
Herblingen, en 1660, au chanoine de Staal, etc.
Le 8 ventôse de l'an IX, s'éteignait en sa ville natale de Porrentruy, le dernier prévôt du chapitre
de Saint-Ursanne; Jean-Jacques Keller avait quatre-vingt-quatre ans. Elu en 1787, il vit, le 28
avril 1792, les révolutionnaires français envahir l'Evêché de Bâle et faire leur entrée à Saint-
Ursanne. Napoléon Ier disait, en parlant de révolution: "Dans les révolutions, il y a deux sortes
de gens: ceux qui les font et ceux qui en profitent". Notre bonne ville eut tout à y perdre. Tous
les biens appartenant au clergé et à la noblesse furent vendus comme "biens nationaux". Un culti-
vateur de Montvoie acquit notre château du XIIIe siècle pour 488 francs. L'église paroissiale qui
avait encore sa tour et ses cloches trouva preneur pour 309 francs. Pré l'Abbé, Tuilerie, demeures
des chanoines, chapelle de Lorette et de l'Ermitage, maison curiale et demeure du prévôt, etc.,
autant de trésors spoliés, autant de gens dépossédés.
Une seule maison fut incendiée. Le 9 mai 1792, les fougueux révolutionnaires boutaient le feu à
notre métairie du Tillot, propriété du prévôt Keller. Tout le bétail, ainsi que "beaucoup de beaux
meubles" furent réduits à néant.
En 1793, Jean-Jacques Keller se réfugia à Porrentruy et son départ forcé signifiait la fin d'une
institution vieille de près de sept siècles: le chapitre de Saint-Ursanne.
Métairie du Tillot ! Un chemin au nom si poétique se devait de figurer sur notre plan cadastral.