VII.
Les ruines
VII.
Ruines et débris
En 1796, le château, déclaré bien national avec la forêt qui en dépendait, fut
vendu à prix d'assignats. L'acquéreur Huvelin de Bavillier, de Belfort, n'eut
rien de plus pressé que de démolir le château, en commençant par le toit, dont
il fit transporter les tuiles aux forges de Bellefontaine, devenues sa proprié-
té au même titre que le château (1).
Les pierres qui formaient les murailles furent précipitées du haut de la colline,
et servirent en 1827 à la construction d'une filature de coton, établie au pied
du rocher de St-Ursanne, au-dessous de la Clouterie. Cette filature appartenait
à M. Pierre Bornèque, de Bellefontaine, devenu co-propriétaire du château et de
ses ruines, en même temps que de l'usine des bords du Doubs. M. Bornèque avait
pour associé-directeur M. Bian, de St-Emme, en Alsace. Cette industrie n'ayant
pu, grâce au mauvais vouloir du maire Theurillat, recevoir à St-Ursanne tout le
développement qu'elle réclamait, fut transféré à St-Emme, au grand détriment de
la population ouvrière de la vallée du Doubs.
La filature de M. Bornèque passa aux mains de l'abbé Blairvac, qui en fit, dans
un but de noble bienfaisance, un établissement d'horlogerie en faveur d'enfants
et d'apprentis pauvres. Mais en février 1852, le bâtiment devint la proie des
flammes.
Une nouvelle construction s'éleva un peu plus bas, toujours sur le ruisseau de
St-Ursanne. On y a établit, avec une turbine, une scierie qui a fonctionné jus-
qu'en 1884, où un incendie a dévoré à son tour ce vaste bâtiment (2).
(1) Le 18 mars 1794, Huvelin acheta, par l'entremise d'un nommé Frossard, les forges de Belle-
fontaine pour la somme de trois cent soixante dix mille livres. (Guélat, remarques et mémoires).
(2) Il avait passé depuis peu aux mains de M. Jules Fattet, député de St-Ursanne au grand-conseil.
|