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SAINT-URSANNE ET SA COLLEGIALE
LA COLLEGIALE C'est un monument absolument magnifique ! Basilique sans transept, construite à la fin du XIIe siècle et au XIIIe siècle. Choeur et nef principale abrités sous un toit continu; abside polygonale avec fenêtres en plein cintre. Clocher carré reconstruit en 1441, coiffé d'un toit en bâtière surmonté d'un clocheton. D'inspiration bourguignonne, l'architecture de l'édifice marque la transition entre le style roman tardif et le début du style gothique. C'est l'abbaye du XIe siècle qui dicta le plan de la collégiale: quelques éléments en subsistent, notamment le tympan du portail nord et des chapiteaux au milieu du bas-côté sud. Nef à cinq travées barlongues et bas-côtés de huit travées. Voûtes sur croisées d'ogives, construites d'est en ouest, la première en 1259, la dernière en 1307. Fenêtres hautes en plein cintre, grandes arcades en arc brisé, piliers à chapiteaux sculptés. Sur le côté nord de la nef, fenêtres de style gothique de la fin du XIVe siècle. Du côté sud, trois chapelles d'architecture gothique construites successivement au XIVe siècle; la chapelle comprise dans l'angle entre le bas-côté et la tour est de la fin du XVe siècle. La décoration polychrome de la nef est essentiellement gothique; peintures figuratives du début du XVe siècle sur les piliers du côté nord. Au choeur et dans l'abside, peinture baroque de 1622, en particulier une représentation en trompe-l'oeil de l'intérieur d'une église sur les voûtes de l'abside. Dans les chapelles latérales, ornementation picturale du XVIIe siècle, principalement de motifs floraux et ornementaux. Riche mobilier du XVIIIe siècle. Au choeur, baldaquin monumental et boiseries avec statues de saint Pierre et saint Paul; grande toile de 1768, signée Anton Simon, représentant l'apothéose d'un saint et, dans la partie inférieure, une vue de la cité de St-Ursanne; stalles incorporant des sièges de la fin du XVe siècle. Autels latéraux du milieu du XVIIIe siècle. Somptueuse chaire sculptée par Hugues-Jean Monnot, 1707. Orgue de style Louis XV construit par Jean-Jacques Besançon en 1776. Autels du début du XVIIIe siècle dans deux chapelles. Sous le choeur se trouve une crypte du XIIe siècle, dont les voûtes d'arêtes reposent sur quatre colonnes du XIe siècle. Trois fenêtres en plein cintre. Décor polychrome baroque. La crypte fut construite pour abriter le sarcophage contenant les restes de saint Ursanne, actuellement déposé sous le maître-autel de la collégiale. Le portail sud de la collégiale, construit vers 1200, est, après celui de la porte Saint-Gall à la cathédrale de Bâle, le portail roman sculpté de style bourguignon le plus important de Suisse. L'iconographie du tympan est dominée par un Christ en majesté, entouré des apôtres Pierre et Paul. Niches latérales avec statues de la Vierge à l'Enfant et de saint Ursanne; chapiteaux figuratifs dans l'ébrasement du portail. Décor peint de diverses périodes de la fin du moyen âge. Le trésor de la collégiale comprend plusieurs pièces d'orfèvrerie de haute valeur artistique, en particulier un buste-reliquaire à l'effigie de saint Ursanne, en argent, oeuvre probablement bâloise de 1519. La collégiale a été entièrement restaurée, par étapes, de 1964 à 1984. et Seien Sie Willkommen in unserer Stiftskirche St-Ursanne. Un document peu connu, la bulle du pape Alexandre III pour le cloître de St-Ursanne: Ce document se trouve à l'Université de Marburg. Il est décrit comme suit: "Bilder früh- und hochmittelalterlicher Urkunden Alexander III". (JL 13341, Aufnahme des Lichtbildarchivs Nr. 12137) Papst Alexander III, für das Kloster St. Ursanne, 24. März 1178 Dictionnaire des Eglises. Tome Vd. Suisse. Paris, Robert Laffont Ancienne collégiale Saint-Ursanne A la fin du VIe s., l'ermite Ursicinus vint s'établir sur les bords du Doubs où il mourut en laissant une réputation de sainteté. Wandrille, un pèlerin solitaire, découvrit vers 635 le tombeau du saint et fonda auprès des vénérables reliques une petite communauté monastique qu'il abandonna quelques années après, pour s'installer, par la suite, à Fontenelle sur la Seine inférieure. Les disciples de saint Wandrille s'organisèrent en une abbaye soumise à la règle bénédictine. Le monastère faisait partie du diocèse de Besançon. Il fut transformé au cours des premières années du XIIe s. en un chapitre de douze chanoines. La petite ville, qui n'avait pas tardé à naître autour de l'église, fut acquise en 1139 par l'évêque de Bâle, qui finit par mettre également la main sur la collégiale, en 1210. - A partir de cette époque, Saint-Ursanne partagea le sort de l'évêché de Bâle. Le chapitre fut supprimé à la Révolution française et la collégiale devint plus tard l'église paroissiale. Des sarcophages du VIIe et VIIIe s, et quelques pierres sculptées, déposés aujourd'hui dans le cloître, attestent l'existence de la première petite communauté monastique fondée par saint Wandrille. A la fin du XIIe s., les chanoines construisirent l'édifice qui subsiste aujourd'hui presque entièrement. C'est une basilique sans transept, avec une nef de cinq travées barlongues flanquée de bas-côtés simples. Ceux-ci se poursuivent le long du choeur jusqu'à la hauteur de l'abside, où ils se terminent par des murs droits. Le choeur comprend une travée carrée, formée de la réunion de deux anciennes travées barlongues, suivie d'une autre, plus courte. Il est fermé par une abside à cinq pans, construite au-dessus d'une crypte de même tracé. La crypte communique avec les bas-côtés par d'étroits escaliers et s'ouvrait sur le choeur par une fenestrella, actuellement murée. Elle est voûtée d'arêtes retombant sur quatre colonnes et éclairée par trois fenêtres en plein cintre. Toute l'église haute est voûtée d'ogives, portées par des piliers dont les chapiteaux sont dérivés de la forme cubique. Les fenêtres sont en plein cintre. Dans la nef, les grandes arcades sont en arc brisé. Le vaisseau principal est précédé d'un clocher, haut de 25 m, construit en 1442 sur les parties basses d'une tour plus ancienne. Les deux édicules qui l'entourent sont sans doute les restes d'un "Westwerk" semblable à celui de Saint-Thomas de Strasbourg. A hauteur du choeur, le collatéral S., s'ouvre par un portail, formé d'un massif rectangulaire. La porte s'ébrase en trois ressauts abritant des colonnes. Trois voussures encadrent un tympan sans linteau soutenu par des corbeaux. Le tympan représente le Christ en majesté, entouré des apôtres Pierre et Paul et de sept anges; à ses pieds le donateur (?) agenouillé. Les chapiteaux montrent les quatre évangélistes dont les têtes zoomorphes rappellent les symboles traditionnels, quatre lions à double corps s'appuyant sur des têtes humaines, quatre aigles aux ailes éployées, une sirène allaitant son petit et une scène tirée du fabliau "le loup allant à l'école". Deux niches, pratiquées de chaque côté du tympan, abritent les statues de la Vierge à l'Enfant et du patron de l'église, saint Ursanne. Le portail qui donne accès au collatéral N. est encadré de deux colonnettes. Son tympan, sculpté en très faible relief, représente un lion et une fleur de lys qui flanquent une croix inscrite dans un disque. C'est un remploi du XIe s. Dans sa structure, la collégiale de Saint-Ursanne s'inspire d'un groupe d'édifices bourguignons de plan très simple, dont la cathédrale d'Autun semble être le prototype. La forme de l'abside dérive de celle de l'abside orientale, disparue, de la cathédrale de Besançon. L'élévation de la nef est assez proche de celle de certaines églises mineures de Bourgogne, comme Saint-Philibert de Dijon, par exemple, influencée à la fois par les idées de grandeur qui s'expriment à Cluny et la simplicité de Fontenay. Le décor ornemental est d'origine alsacienne, et ce sont probablement des maîtres maçons alsaciens qui ont réalisé la construction. Le portail S. reflète également les deux courants, bourguignons et rhénans, qui ont agi sur le chantier de Saint-Ursanne. L'iconographie du tympan est empruntée à celle du tympan de la Galluspforte de la cathédrale de Bâle. Le style des chapiteaux et des statues des niches latérales révèle l'influence de l'Ile-de-France à la fin du XIIe s., subie probablement à travers des modèles bourguignons comme le tombeau de saint Lazare à Autun. On retrouve la main du sculpteur du portail S. de Saint-Ursanne au choeur de la cathédrale de Bâle et à la cathédrale de Fribourg-en-Brisgau. Maître-autel, contenant le sarcophage de saint Ursanne, par Georges Balds, de Porrentruy (1621); baldaquin, avec statues monumentales, par Urs Fueg de Porrentruy (1728). Stalles, sièges de la fin du XVe s., dossiers du XVIIIe s. Grilles du choeur par François-Ignace Bourquard, de Saint-Ursanne (1777). Chaire par Jean Monnot, de Porrentruy (1705) et orgues du XVIIIe s. Cet ensemble, d'une remarquable unité, se surimpressionne d'une façon fort heureuse à l'austérité de la construction romane. Le trésor contient entre autres le chef-reliquaire en argent de saint Ursanne, oeuvre bâloise datée de 1519. Cloître Il s'étend au N. de la collégiale. Ses galeries sont couvertes d'un simple toit en appentis. Des culots, disposés entre certaines arcades, indiquent qu'une voûte sur croisées d'ogives avait été prévue. Les galeries comprennent respectivement deux groupes de seize et de neuf arcades brisées, à baies géminées et au remplage ajouré. La mouluration et l'absence de chapiteaux permettent de dater ces arcades de la fin du XIVe s. et les textes montrent que le cloître, après avoir été inutilisé depuis 1332, était de nouveau en service à partir de 1385. La galerie O. s'ouvrait au centre sur une petite chapelle de plan rectangulaire, dédiée à saint Antoine, mentionnée dès 1403 et détruite au XIXe s. Elle occupait sans doute la place de la fontaine du cloître roman. La plupart des bâtiments entourant le cloître ont disparu. Au N., parallèle à la collégiale, s'élevait l'église paroissiale romane, à nef unique et choeur carré, dédiée à saint Pierre. Elevée sur l'emplacement du premier sanctuaire abritant les reliques de saint Urscicinus, elle avait été transformée en paroissiale au moment où les chanoines avaient inauguré l'actuelle collégiale. Lapaire, Claude. Les construction religieuses de Saint-Ursanne. Porrentruy, 1960. Voir la partie histoire ! SENNHAUSER: ARCHAEOLOGISCHE UNTERSUCHUNG... AUTOUR
DE LA COLLEGIALE. L'HISTOIRE RACONTEE PAR LE TEXTE ET PAR L'IMAGE
Dernière mise à jour: 26.10.2005 |