SAINT-URSANNE ET SON HISTOIRE


10. Hennemann Münch
de 1345 à 1360, de la noble famille de Münch de Münchenstein. Déjà chanoine de St-
Ursanne en 1336, il fut désigné pour succéder à Thiébaud d'Asuel en 1345. Une con-
testation grave s'était élevée au sein du Chapitre concernant la répartition des
revenus communs aux chanoines. Il fallut l'intervention directe de l'évêque de Bâle.
En 1354, l'évêque Jean Senn arriva à St Ursanne. Il assembla les chanoines à la
Collégiale. Là, la crosse en main, il les entendit. Il décida que huit mesures d'a-
voine seraient accordées aux huit chanoines qui remplissaient les fonctions sacerdo-
tales, et quatre mesures aux quatre derniers chanoines qui ne pouvaient encore rem-
plir ces fonctions, parce qu'ils n'étaient pas encore prêtres.

Le prévôt Münch, qui était en même temps trésorier de la cathédrale de Bâle, mourut
dans cette ville le 22 juillet 1361, et fut enterré dans la chapelle des nobles de
Münch.

Les Münch blasonnaient: d'argent à un moine de carnation, habillé de sable, chaussé
de gueules.


11. Thiébaud d'Undervelier
de 1360 à 1364. En 1347, il était notaire de la cour à Bâle. Chanoine de St Ursanne,
il fut élevé à la dignité de prévôt en 1360, au temps où la peste noire fit tant de
ravages dans toute l'Europe. St Ursanne fut également visité par le fléau. En 1361, le
prévôt Thiébaud d'Undervelier résidait à St Ursanne avec son frère et son neveu Renald
d'Undervelier et sa femme Emonette et leur fils Jean. Il mourut en 1364. Les nobles
d'Undervelier blasonnaient: d'or à trois emmanchées de sable, de dextre à sénestre.


12. Jean Cherbon
de 1364 à 1381. On le voit chanoine de St Ursanne en 1350. Il signe en cette qualité,
à Delémont, un acte par lequel l'évêque de Bâle, Jean Senn, rectifie un échange de
maisons. Il signe comme prévôt un acte du 18 mai 1364. L'évêque de Bâle, Jean de
Vienne, prince belliqueux, réduit aux abois par les dettes de l'Evêché, pour avoir de
l'argent, hypothéqua la ville et le château de St Ursanne, à son cousin, Jean de
Vienne, sire de Roulans et amiral de France. Celui-ci apparut à St Ursanne en grande
pompe pour recevoir le serment de fidélité du Chapitre, de la ville et de la Prévôté de
St Ursanne, dont il confirma toutes les franchises, le 13 septembre 1376. Après avoir
fait différentes fondations à l'église collégiale de St Ursanne, le prévôt Cherbon
mourut en 1380 et fut inhumé dans la collégiale selon son désir.


13. Imier de Ramstein
de 1381 à 1382. Chanoine de la cathédrale, il était également chanoine de St Ursanne,
quoique non prêtre. Nommé prévôt, à la mort de Jean Cherbon, il ne remplit qu'un an
ses fonctions. Il supprima un certain nombre d'abus qui s'étaient introduits dans la
charge de prévôt. Le prévôt n'était en droit de lever des impôts, ni d'aliéner les
biens du Chapitre, ni de déposer un maire de la Prévôté sans le consentement du Chapi-
tre. C'est pourquoi le 16 mars 1381, il posa les constitutions suivantes:
1. Le prévôt est tenu de maintenir de tout son pouvoir les droits de l'église de St Ursan-
ne et de son personnel.

2. Aucun prévôt ne peut lever ni tailles, ni subsides, ni impôts, sans le consentement de
son Chapitre.

3. Il ne peut vendre, aliéner aucun bien de la collégiale sans le consentement du Chapi-
tre.

4. Le prévôt ne doit point jouir d'une prébende plus forte que celle des chanoines pré-
bendaires. Lorsque les biens meubles ou immeubles sont attribués aux chanoines, le par-
tage doit se faire à part égale entre tous les chanoines présents, et le prévôt n'a que
la part d'un chanoine. Il est de même pour le partage des rentes.

5. A tout chanoine faisant un stage, le prévôt doit donner trois mesures de vin blanc,
à cause des cens qu'il perçoit: à St Ursanne, vingt sols; à Epauvillers, dix-huit; à
St Brais, seize; à Courtedoux, trente-neuf; à Chevenez, vingt-sept.

6. Enfin le prévôt doit veiller à l'exacte observance des statuts du Chapitre et au
partage égal entre les chanoines des dîmes de Chevenez, Courtedoux, Cornol, Buix,
Bressaucourt, Glovelier, Montursin et ailleurs.

En décembre 1382, le prévôt Imier de Ramstein fut élu prince-évêque de Bâle. Les no-
bles de Ramstein blasonnaient de sable à deux batons fleur de lys d'argent, en sau-
toir.