SAINT-URSANNE ET SON HISTOIRE
LES
SOEURS DE LA CHARITE
Le provicaire Aloyse de Billieux voulant procurer à la jeunesse chrétienne une bonne
éducation, donna la main au projet du curé Besançon et de l'ancienne Ursuline, marie
Béchaux, pour confier à l'école des filles de St-Ursanne aux Soeurs de la Charité de
Besançon. Une demande fut faite en ce sens au vicaire général de Besançon et signée
par le Magistrat et le curé. Le prince-évêque de Bâle, Xavier de Neveu approuva cette
démarche le 22 mai 1818. Après avoir consulté le Petit Conseil de Berne, le grand
baillif de Porrentruy, M. de Jenner, donna son approbation à la démarche faite par le
Magistrat. Trois religieuses furent envoyées à St-Ursanne, Victorine Roy, Rosalie
Lambert et Reine Michelon. Les écoles prospérèrent bientôt au point qu'il fallut aug-
menter le nombre des religieuses. Un excellent pensionnat fut annexé à la maison des
Soeurs, puis un externat et un ouvroir.
L'établissement des Soeurs prospérait d'année en année, lorsqu'il fut en butte à
de grandes vexations politiques surtout en 1842. L'Institution fut près de sa ruine
en 1849, par suite du décret qui interdisait l'enseignement à tout Ordre étranger
au canton. Ce décret fut rapporté en 1850.
En 1858, la ville céda aux Soeurs une ancienne fabrique d'horlogerie pour en faire
une nouvelle maison d'école, le pensionnat et d'autres institutions. Une chapelle
modeste fut construite pour l'usage de l'établissement. On créa ensuite une salle
d'asile. L'établissement des Soeurs de la Charité était depuis seize ans en plein état
de prospérité, lorsque parut le décret de 1867 qui proscrivait l'enseignement donné
par des personnes appartenant aux Ordres religieux.
Le Conseil communal de St-Ursanne protesta vigoureusement contre cet ostracisme.
Il obtint le maintien des Soeurs et de leur pensionnat.
Enfin, la persécution de 1873 emporta cet utile établissement. Obligées de quitter
leur maison le 29 mars 1875, les Soeurs de la Charité se retirèrent à Seloncourt.
L'ancien pensionnat des Soeurs est devenu l'asile des vieillards, confié aux soins des
Soeurs d'Ingenbohl.
Die
Lehrschwestern von St-Ursanne in Seloncourt (Frankreich)