TABLE D'ORIENTATION



SAINT-URSANNE

(all. Sankt Ursitz) (C. Berne, D. Porrentruy, V. DGS)

Com. et Ville. Au XIIe s., Sanctus Ursicinus.
Armoiries: d'argent à l'ours de sable tenant une crosse d'évêque d'or.


Des tombes gallo-romaines ont été trouvées dans le cloître. Le village doit son nom à saint Ursanne (+ vers 620), moine irlandais, disciple de Colomban qu'il suivit en Suisse. Ursanne s'établit sur les bords du lac de Bienne, qu'il évangélisa, puis il se retira, vers 612, dans
l'ermitage que l'on voit encore dans un rocher près de Saint-Ursanne.
De nombreux disciples vinrent le rejoindre et un monastère fut levé sur les bords du Doubs, ainsi qu'une église dédiée à saint Pierre. Le tombeau de saint Ursanne se trouve sous le maître-autel de la collégiale.

Dix ans après sa mort, saint Vandrille, venu d'Austrasie, y fit un séjour de quatre années pendant lesquelles il fit construire une basilique et un nouveau couvent. Toutes ces indications légendaires sont tirées d'une biographie de saint Ursicinus, datant du XIe s. D'ailleurs, l'histoire du monastère est, jusqu'à la fin du XIIe s., incertaine sur de nombreux points. Suivant des chartes de 768-771, 849, 1040 et
1053 qui sont interpolées, il aurait été dès le VIIIe s., dans la dépendance de Moutier-Grandval; en réalité, il fut indépendant jusqu'au début
du XIIe s. C'est alors seulement (voir privilège de 1210) qu'il passa sous la domination de l'évêque de Bâle qui était seigneur du village et de la paroisse de Saint-Ursanne au moins depuis 1139.

Les religieux furent soumis pendant quatre siècles à la règle de saint Benoît. Pendant la querelle des Investitures, les religieux de Moutier et de Saint-Ursanne prirent parti pour le pape légitime, mais l'évêque,
Bourcard de Fenis, qui était du côté de l'empereur, dispersa les religieux révoltés contre lui (1077). L'abbaye de Saint-Ursanne tomba en ruines et ce n'est qu'en 1119 qu'elle fut relevée. L'évêque Rodolphe y installa alors un chapitre de chanoines séculiers. Dès lors, le chapitre fut rattaché au diocèse de Bâle, tout en restant redevable à l'archevêché de Besançon d'un rochet et d'une chaudière d'airain chaque année bissextile, dès 1096. Cette redevance fut acquittée jusqu'à
la Révolution française, non sans donner lieu à bien des difficultés entre le chapitre et l'archevêque.

Le chapitre comptait douze chanoines ayant à leur tête un prévôt. Les barons d'Asuel étaient les avoués de Saint-Ursanne, l'un de ceux-ci,
Bourcard d'Asuel, étant endetté, céda, en 1241, l'avouerie de Saint-Ursanne à l'évêque de Bâle. En 1397, le duc Léopold d'Autriche prit l'église de Saint-Ursanne sous sa protection. Jean de Venningen
racheta en 1461 la ville qui avait été engagée au comte Eberhard de Montbéliard. Le rôle de la paroisse, de 1498, fut confirmé en 1540.

Un incendie endommagea une partie de la collégiale et détruisit la moitié de la ville en 1558.

Au XVIIe s., la guerre de Trente ans fut néfaste à la ville et au chapitre qui durent verser de fortes contributions de guerre aux Suédois et aux Français. La ville fut prise et pillée par les ennemis. Les événements de 1730-1740 eurent aussi leur répercussion à Saint-Ursanne;
le chapitre prit part à la révolte et cinq de ses membres furent condamnés; le prévôt Bassand fut destitué et dut payer une amende. Au moment de la Révolution française et de l'invasion de l'évêché par les
Français, le chapitre fut dissous et la ville subit le sort du reste du pays. Le château fut vendu comme bien national et démoli en partie
en 1796. En 1814, Saint-Ursanne vit passer des troupes nombreuses
d'Alliés: Autrichiens, Russes, Bohêmes, etc.

L'histoire de la ville se confond souvent avec celle du chapitre. Elle reçut ses premières franchises de l'évêque Jean Senn de Münsingen en 1338, qui furent confirmées par Jean de Vienne en 1371. Nouveau rôle
de franchises en 1429; un autre, de 1436, organisa la ville et la prévôté. La paroisse comprend aussi Montenol, Montmelon et Seleute.

L'hospice des vieillards du district de Porrentruy est à Saint-Ursanne.


La ville a gardé beaucoup de pittoresque. Sa collégiale est un bel édifice en partie de style romand, notamment l'abside, des fenêtres et le portail Sud. La ville possède trois portes: celle de Saint-Pierre, celle de Saint-Paul, du XVIe s., et une troisième
ouvrant le passage sur le Doubs par un pont, reconstruit en 1670
et en 1728, orné d'une statue de saint Jean Népomucène.

Population: 1764, 1038 hab.; 1920, 1149.

Registres de baptêmes dès 1691, de mariages et de décès dès 1663.

Restauration de l'église en 1905.

Une famille noble du nom de Saint-Ursanne, éteinte à la fin du XIVe s., avait construit son château probablement sur l'emplacement d'une specula romaine. Actuellement en ruines, ce château avait passé en 1426 aux évêques de Bâle.


Trouillat. - G.-F. Chèvre: Hist.de Saint-Ursanne. - A. Daucourt: Dict. VI. - P. Grellet: Sur les sentiers
du passé. - Monuments de l'art en Suisse, nouv. sér. III. - K. Stehlin: Die Inschrift über dem
Kirchenportal zu St.Ursanne, dans BZ 1903. - G. Amweg: Bibliographie. - W. Merz: Schloss Zwingen, p. 88,
91. - M. Chappate: La collégiale de Saint-Ursanne, dans ASJ 1928. - A. Naef dans Monuments historiques
1903.

-article signé G.A. (Gustave Amweg)-

Dictionnaire historique et biographique de la Suisse. Neuchâtel, administration du DHBS, 1921-1934.
Publié avec la recommandation de la Société Générale Suisse d'Histoire par Victor Attinger, Marcel Godet,
Henri Turler, avec de nombreux collaborateurs de tous les cantons.