HANS EBERHARD
DECOUVERTE DE LA SUISSE
Volume 5
Régions : Bienne-Moutier, Delémont-Porrentruy, Franches-Montagnes, Montbéliard-Delle, Belfort
(Neuchâtel), Editions Avanti, 1983, p. 76-84, av. 8 ill.
Le Clos du Doubs
Le Doubs est à coup sûr la rivière la plus fantaisiste d'Europe. Né dans le Jura
français, il hésite dans le premier tiers de son cours entre la Suisse et la Fran-
ce, se confond avec leur frontière des Brenets à Soubey, puis s'enfonce résolument
dans le Jura suisse en mettant le cap au nord-est comme s'il voulait rejoindre le
Rhin à Bâle. Mais près de Saint-Ursanne, le voilà qui change d'avis. Se souvenant
sans doute qu'il doit, par la Saône et le Rhône, finir dans les eaux méditerrané-
ennes, il fait brusquement demi-tour et repart en sens inverse vers la France. La
langue de terre formée par cet aller-retour en Helvétie porte le nom de Clos du
Doubs.
Les gorges où il s'enfouit pour masquer ses hésitations ajoutent leur mystère pro-
pre à l'étrangeté de sa conduite. Son lit est profond de 500 mètres par rapport
aux collines qui l'entourent et qui opposent aux curiosités indiscrètes les obsta-
cles les plus variés: énormes rochers et falaises abruptes, versants tapissés de
forêts épaisses, étendards de brume flottant sur ses eaux, rives encombrées de
mousses et de fougères. Heureux canoéistes qui ont seuls la chance d'être admis
dans son intimité et de le suivre dans tous ses méandres, entre le Saut-du-Doubs
et La Motte ! Les bords de la rivière assurent un asile inviolable à une flore
d'une grande richesse et à une faune dont les plus beaux spécimens sont le canard
sauvage, la loutre et le héron cendré. Ses eaux abondent en espèces nobles, om-
bres, truites, brochets qui attirent les adeptes sportifs de la pêche en cuissar-
de et garnissent les tables des auberges disséminées le long de son cours, de
Goumois à La Motte en passant par Moulin-Jeannottat, Saint-Ursanne et Ocourt.
Ouverte sur la France dans sa partie ouest, la presqu'île du Clos du Doubs s'étire
sur une vingtaine de kilomètres entre le plateau des Franches-Montagnes au sud et
les contreforts du Mont-Terrible qui lui servent de butoir vers le nord et l'est.
A partir de Soubey, sur la rive gauche du Doubs, la route de Montfaucon à Saint-Ur-
sanne la traverse dans toute sa longueur en passant par les petites localités
d'Essertfallon et d'Epauvillers; itinéraire des plus sinueux, surtout entre Mont-
faucon et Soubey, mais qui réserve, chemin faisant, de magnifiques vues plongeantes
sur la rivière.
Les larges et rustiques maisons de Soubey s'étagent sur le versant ensoleillé du
Doubs en se regroupant de telle sorte que le clocher de l'église sert de point de
convergence à tous les toits. La manière dont ils s'intégrent dans le site sui-
vant un plan visiblement concerté est un bel exemple de ce mystérieux génie col-
lectif qui inspira les bâtisseurs de certains villages. Soubey date du XVIIe siè-
cle. Monument historique, le sanctuaire paroissial est protégé par une couverture
de dalles calcaires, particularité unique en Suisse au nord des Alpes. "Le temps
passe, l'eau coule. Dieu seul demeure", énonce l'inscription du cadran solaire,
en harmonie avec la simplicité de l'édifice et la sérénité des lieux (tabernacle
de Schilling, vitraux de Coghuf, comme ceux de la collégiale de Moutier).
Une brassée de toits roux aux tons de feuille morte d'où émerge la tour de la col-
légiale, telle apparaît au bord du Doubs la cité millénaire de Saint-Ursanne, joyau
resté intact depuis des siècles, avec ses portes armoriées et ses remparts, son
cloître gothique et sa longue rangée de maisons mirant dans l'eau de la rivière
leur façade crépie à galeries de bois. On franchit le Doubs sur un vieux pont de
pierre où veille la statue noircie par les pluies de saint Jean Népomucène. A l'au-
tre bout du pont, la porte Saint-Jean, une des trois entrées de la ville, se tient
prête à gober le visiteur, face d'ogre ayant pour bouche un large porche et en gui-
se d'yeux une paire de fenêtres. Les autres portes de Saint-Ursanne ont été dédiées
à saint Paul et saint Pierre: l'une donne sur la route de Porrentruy, l'autre sur
celle de Delémont.
Les reliques de saint Ursanne
Saint-Ursanne doit son origine à un compagnon de saint Colomban, Ursicinus, qui
vécut en ermite au bord du Doubs et y mourut en odeur de sainteté vers 620. On
déposa son corps dans un sarcophage actuellement enfoui sous le maître-autel de
l'abbatiale. Les reliques du saint devinrent un objet de vénération vers 635,
lorsque saint Wandrille, haut fonctionnaire du roi Dagobert Ier, décida de cons-
truire une église près de son tombeau. Attiré par la vie monastique, il fonda
sur son propre domaine une petite communauté religieuse qui se transforma d'a-
bord en une abbaye de contemplatifs dépendant de Moutier-Grandval, puis en cha-
pitre de chanoines. Sur le monastère s'était greffée une bourgade ayant les abbés
pour administrateurs. Connue sous le nom de Saint-Ursanne, elle passa en 1129
sous la juridiction des évêques de Bâle, représentés par des avoués occupant un
château sur la crête voisine. Une ligne de remparts reliait la place forte, dé-
mantelée en 1796, à l'enceinte protégeant les quartiers marchands de la ville.
Dans les rochers en escarpement de la colline s'ouvrent plusieurs grottes dont
l'une aurait servi d'abri à saint Ursanne. On accède à la chapelle de l'ermitage
par un escalier de 160 marches. La domination épiscopale prit fin avec la Révo-
lution française, suivie en 1815 de l'entrée de la cité dans la Confédération.
Le développement de Saint-Ursanne sous les évêques s'est traduit par la construc-
tion de quelques belles demeures (maisons Béchaux, des chanoines, du prévôt), de
plusieurs fontaines et surtout d'un Hôtel de Ville à arcades et à voûtes gothiques
du XIVe siècle. Le monument dont la cité est la plus fière est évidemment la fa-
meuse collégiale mise en chantier par le chapitre dès la fin du XIIe siècle pour
remplacer l'église primitive. Située au confluent de plusieurs courants architec-
turaux, alsacien, bourguignon, rhénan, italien, elle réussit à en faire la synthè-
se tout en réalisant avec le même bonheur le passage délicat de l'arc en plein
cintre à l'ogive: édifice de transition, mais le mot n'a ici rien de péjoratif,
elle représente, comme on l'a dit, la "dernière église romane et la première égli-
se gothique" de Suisse. Un choeur à cinq pans recouvre une crypte également roma-
ne, malgré ses voûtes d'arêtes reposant sur quatre colonnes et huit colonnettes
engagées. C'est là que les pèlerins se recueillaient autour des saintes reliques.
Le gothique apparaît avec la nef, les stalles du choeur et les chapelles. Il
triomphe dans un admirable cloître ajouré de baies ogivales et de fenêtres trilo-
bées, dentelle de pierre dont l'ombre projetée tourne avec le soleil en inscri-
vant la fuite du temps sur le sol. Achevé au XVe siècle, le cloître a conservé
des sculptures d'époque romane et abrite plusieurs pierres tombales (petit musée
lapidaire).
Dans la collégiale même, les sculptures des chapiteaux et des tympans appartien-
nent encore à l'école romane par leur inspiration et leur style. C'est le cas des
motifs décorant les bas-côtés de la nef (où l'un des sculpteurs s'est représenté
lui-même) et du célèbre portail sud, chef-d'oeuvre incontesté de l'édifice: au
tympan, sous un arc en plein cintre, figure le Christ en majesté, entouré de sept
anges et des apôtres Pierre et Paul; à ses pieds s'agenouille saint Ursanne ou un
donateur. Les statues logées dans les niches représentent une Vierge à l'Enfant
et le saint ermite assis sous un dais.
De Saint-Ursanne, on peut achever ce périple du Clos du Doubs en longeant la rive
droite de la rivière jusqu'à La Motte, village frontalier où se dresse le monument
des soldats français internés en Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale (église
Saint-Valbert, reconstruite au début du XVIIIe siècle).
Pour sortir de la vallée de Saint-Ursanne, la route de Porrentruy gravit en lacet
les pentes d'une hauteur traversée jadis par une voie romaine dont les restes ont
été dégagés: elle desservait le camp romain du Mont-Terri, nom transformé en Mont-
Terrible et donné au département créé en 1795 par la Révolution française. Puis
on redescend sur Courgenay, où l'on retrouve la route directe de Delémont à Por-
rentruy. L'histoire de Courgenay tient en deux noms: celui de Pierre Péquignat,
dont un buste rappelle l'engagement héroïque pour la défense des libertés popu-
laires au XVIIIe siècle, lors du soulèvement de l'Ajoie contre le despotisme des
princes-évêques, et celui de Gilberte de Courgenay, qui s'illustra de la manière
que l'on sait pendant la guerre de 1914-1918. Le village s'adonne à l'industrie
horlogère et possède un beau mégalithe désigné sous le nom de Pierre-Percée.
Légendes des illustrations:
Saint-Ursanne sous le soleil estival: rue du 3-Février, Hôtel de Ville et tour de la Collégiale.
Le viaduc de Saint-Ursanne édifié en 1875 et restauré de 1928 à 1931 pour l'électrification de la ligne.
Blasons et fleurs pour une demeure patricienne.
Saint-Ursanne: la porte Saint-Pierre (XVIe siècle) et la rue du 23-Juin.
Collégiale de Saint-Ursanne, édifiée du VIIe au XIIe siècle, et son clocher du XVe siècle.
Devant la porte Saint-Jean, sur le vieux pont, saint Jean Népomucène veille toujours.
Saint-Ursanne: cette vieille construction aux arcs en plein cintre abritait la trésorerie du Chapitre.
Place du Mai et fontaine dédiée au saint protecteur de la ville, saint Ursanne.
VERSION EN ALLEMAND
ENTDECKE DIE SCHWEIZ, BAND 5
GEBIETE: Biel-Moutier
Delsberg-Pruntrut
Freiberge
Montbéliard-Delle
Belfort
(Neuenburg), Avanti Verlag, 1983, S. 76-84, 8 Abb.
Im Clos du Doubs
Sicherlich ist der Doubs der Fluss, der in Europa am meisten seinen Eingebungen
folgt. Er nimmt seinen Ursprung in Frankreich, zögert dann im ersten Drittel sei-
nes Laufs zwischen der Schweiz und Frankreich, bildet zwischen Les Brenets und
Soubey die Landesgrenze und dringt dann entschieden in den Schweizer Jura vor, in
nordöstlicher Richtung, wie wenn er in Basel den Rhein erreichen wollte. Aber bei
Saint-Ursanne überlegt er es sich anders. Zweifellos ist ihm wieder eingefallen,
dass er, über die Saône und die Rhone ins Mittelmeer gelangen sollte. Plötzlich
macht er rechtsumkehrt und fliesst in entgegengesetzter Richtung wieder Frank-
reich zu. Die Landzunge, die er durch dieses Hin und Her bilden hilft, heisst
Clos du Doubs.
Die Schluchten, in denen er Zuflucht sucht, wenn er seine Unentschiedenheit ver-
bergen will, erhöhen noch das Geheimnisvolle seines merkwürdigen Benehmens. Sein
Tal ist, gegenüber den einfassenden Hügeln, 500 m tief und stellt neugierigen
Blicken die mannigfaltigsten Hindernisse entgegen: gewaltige Felsen und abrupte
Steilwände, Hänge, die von einem dichten Waldteppich bedeckt sind, Nebelschleier,
die über dem Wasser flattern, mossbewachsene und farnbestandene Ufer. Glücklich
sind die Kanu-Fahrer, die als einzige in sein Innerstes vordringen und all seinen
Windungen zwischen dem Saut-du-Doubs und La Motte folgen können. Die Flussufer
bieten einer reichen Flora einen unverderblichen Lebensraum, in dem auch die Wil-
dente, der Otter und der Silbereiher sich wohl fühlen; das Wasser wird von Edel-
fischen bevölkert: Äschen, Forellen, Hechten. Sie ziehen die Sportfischer in ihrer
Hochwasserstiefeln an und sorgen für wohlgedeckte Tische in den Gasthöfen am Ufer
zwischen Goumois und La Motte.
Die Halbinsel des Clos du Doubs, die sich nach Westen gegen Frankreich hin öffnet,
zieht sich über eine Länge von rund zwanzig Kilometern hin, eingefasst von der
Hochebene der Freiberge im Süden und den Ausläufern des Mont Terrible, die den
Fluss zur Umkehr zwingen, im Norden und im Osten. Von Soubey am linken Doubs-Ufer
an durchzieht die Strasse von Montfaucon nach Saint-Ursanne die Halbinsel der gan-
zen Länge nach und berührt dabei die Dörfchen Essertfallon und Epauvilliers.
Die breiten Bauernhäuser von Soubey steigen in Reihen am sonnenbeschienenen Hang
des Doubs-Tals aufwärts und zwar so, dass der Kirchturm den Konvergenzpunkt säm-
tlicher Dächer bildet. Dies ist ein schönes Beispiel für das Phänomen kollekti-
ver Genialität, das dazu geführt hat, dass ganze Dörfer nach einem durchgehalte-
nen Plan in die Landschaft gefügt worden sind. Soubey ist im 17. Jahrhundert
entstanden. Seine Kirche, die unter Denkmalschutz steht, ist als einzige in der
Schweiz nördlich der Alpen - ganz mit Kalkplatten gedeckt. "Die Zeit vergeht,
das Wasser fliesst vorüber, nur Gott bleibt", sagt die Inschrift auf der Sonnen-
uhr, in Ubereinstimmung mit der Schlichtheit des Gotteshauses und der Heiterkeit
des Ortes. Die Kirche enthält einen Tabernakel von Schilling und Glasmalereien
von Coghuf wie in der Stiftskirche von Moutier.
Ein Gedränge von Dächern in den Farben des Herbstlaubs, aus denen der Turm der
Stiftskirche aufsteigt - so erscheint am Doubs-Ufer die tausendjährige Stadt
Saint-Ursanne, ein Kleinod, das seit Jahrhunderten unberährt geblieben ist mit
seinen wappengeschmückten Toren, seinen Mauern, seinem gotischen Kreuzgang und
seiner langen Häuserzeile, die siche das Bild ihrer verputzten und laubenge-
schmückten Fassaden vom Fluss zurückwerfen lässt. Man überquert den Doubs auf
einer altertümlichen Steinbrücke, auf der die vom Regen geschwärzte Statue des
heiligen Nepomuk wacht. Auf der anderen Brückkenseite steht das Sankt-Johanns-
Tor bereit, den Besucher zu verschlucken; es wirkt wie eine Menschenfresser-
fratze mit der weiten Toröffnung als Schlund und einem Fensterpaar als Augen.
Die beiden weiteren Stadttore sind nach den Aposteln Peter und Paul benannt.
Die Reliquien von Saint-Ursanne
Saint-Ursanne verdankt seine Entstehung einem Gefährten des heiligen Kolumban, dem
irischen Apostel Ursicinus der als Einsiedler am Ufer des Doubs lebte und um das
Jahr 620 im Geruche der Heiligkeit dort starb. Sein Leichnam wurde in einen Stein-
sarg gelegt, der heute in der Kryta der Stiftskirche, unterhalb des Hauptaltars
steht. Etwa vom Jahr 635 an wurden die Gebeine des Heiligen zu einem Gegenstand der
Verehrung; damals beschloss Wandrille, ein hoher Würdenträger des Königs Dagobert
I., bei seinem Grab eine Kirche zu errichten. Er fühlte sich selbst vom mönchischen
Leben angezogen und gründete deshalb auf seinem eigene Gut eine kleine religiöse
Gemeinschaft, aus der eine Abtei kontemplativer Richtung hervorging, die abhängig
war von Moutier-Grandval. Im Jahr 1119 verwandelte sie der Bischof von Basel in ein
Chorherrenstift. Um das Kloster war ein Marktflecken gewachsen, der durch den Abt
verwaltet wurde. Dieser Flecken, Saint-Ursanne genannt, kam im Jahr 1129 unter die
Gerichsbarkeit des Bischofs, den ein Schirmherr vertrat, welcher in einer Burg auf
einem nahen Grat wohnte. Ein Befestigungswall verband die Burg, di im Jahr 1796
geschleift worden ist, mit der Einfassungsmauer, die die Handelsviertel schürtzte.
In den Felsen, die die Hügelhänge bilden, öffnen sich mehrere Höhlen, von denen ei-
ne dem heiligen Ursicinus als Unterkunft gedient haben soll. Zur Kapelle der Ein
siedelei gelangt man über eine Treppe von 160 Stufen. Die Herrschaft des Bischofs
nahm mit der französischen Revolution eine Ende; im Jahr 1815 trat die Stadt der
Eidgenossenschaft bei.
In Saint-Ursanne sind ein paar schöne herrschaftliche Häuser zu sehen (Maison Bé-
chaux, des chanoines, du prévôt), mehrere Brunnen und vor allem ein Rathaus mit Ar-
kaden und Gewölben aus dem 14. Jahrhundert. Aber das bedeutenste Baudenkmal ist na-
türlich die berühmte Stiftskirche, mit deren Bau das Stiftskapitel zu Ende des 12.
Jahrhunderts begonnen hat. In ihr vereinen sich sehr glücklich baukünstlerische
Strömungen aus dem Elsass, aus dem Burgund, aus dem Rheinland und aus Italien;
auch die Wandlung vom romanischen Rundbogen zum gotischen Spitzbogen vollzieht
sich in diesem Bau harmonisch: Er ist eine Schöpfung des Übergangs: "die letzte
romanische und die erste gotische Kirche der Schweiz". Ein polygonaler Chor liegt
über einer romanischen Krypta, deren Gratgewölbe auf vier Säulen un acht Halbsäu-
len ruht. Hier, vor den heiligen Reliquien, übten die Pilger die Versenkung. Go-
tisch sind das Schiff, das Chorgestühl und die Kapellen und hochgotisch der wun-
derbare Kreuzgang mit dem an Spitzen erinnernden Masswerk, dessen Schatten mit
der Sonne wandert und so die Flucht der Zeit auf den Boden zeichnet. Der Kreuz-
gang, der im 15. Jahrhundert vollendet worden ist, enthält noch mehrere romani-
sche Skulpturen une einige Grabplatten. Es gibt eine kleines Lapidarium.
Der Skulpturenschmuck der Kirche selbst gehört nach Stil und Thematik noch in die
romanische Zeit. Das gilt für die Säulenkapitelle der Seitenschiffe (an einem hat
sich der Bildhauer selbst dargestellt) und für das berühmte Südportal, das unbe-
strittene Meisterwerk des Baus: Im Typanon, unter einem Rundbogen, thront Christus,
umgeben von sieben Engeln und den Aposteln Peter und Paul; zu seinen Füssen kniet
der heilige Ursicinus oder ein Stifter. Die Statuen in den Nischen oberhalb des
Portals stellen die Jungfrau mit dem Kind und den sitzenden Einsiedler unter einem
Baldachin dar.
Von Saint-Ursanne aus kann man die Reise durch den Clos du Doubs abschliessen, in-
dem man dem rechten Flussufer entlang bis nach La Motte fàhrt, dem Grenzdorf, wo
ein Denkmal an die französischen Soldaten erinnert, die während des Zweiten Welt-
kriegs in der Schweiz interniert waren. Die Kirche Saint-Valvert ist im frühen 18.
Jahrhundert neu erbaut worden.
Um aus dem Tal von Saint-Ursanne herauzukommen, klettert die Strasse nach Porren-
truy in Windungen den Hang eines Höhenzugs hinauf, den eisnt eine Römerstrasse
überquerte; sie führte zum römischen Lager des Mont Terri, dessen Name während
der französischen Revolution in Mont Terrible umgewandelt und auf ein ganzes Dé-
partement ausgedent worden ist. Auf der anderen Seite gelangt man hinunter nach
Courgenay und zur direkten Strasse Delémont-Porrentruy. Die Geschichte von Cour-
genay wird durch zwei Namen repräsentiert: Pierre Péquigat hat sich im 18. Jahr-
hundert heldenhaft eingesetzt für die Verteidigung der Volskrechte gegenüber dem
Despotismus des Fürstbischofs; ein Denkmal erinnert an ihm. Gilbert de Courgenay,
die durch ein volkstümliches Lied verewig worden ist, war der Seelentrost der
Soldaten, die im Ersten Weltkrieg die Grenzen der Ajoie zu hüten hatten. Das
Dorf, das von der Uhrmacherei lebt, ist auch bekannt für seinen schönen Megali-
then, die Pierre percée.
Abbildungen
Saint-Ursanne. Rue du 3-Février mit dem Rathaus und dem Turm der Stiftskirche. (Seite 77)
Saint-Ursanne. Das 1875 erbaute und 1928-1931 für die Elektrifizierung veränderte Viadukt. (Seite 79)
Das Patrizierhaus mit den Wappen der Familie Hugué und Déboeuf diente ursprünglich als Zeughaus.
Saint-Ursanne. Teilansicht der Rue du 23-Juin und die 1522 und 1655 wiederaufgebaute Porte St-Pierre.
Die Stiftskirche von St-Ursanne und der 1442-1460 wiedererbaute Turm.
St-Ursanne. Die 1728/1729 wiedererbaute Brücke über den Doubs mit der Statue des Hl. Nepomuk und
der Porte St-Jean.
St-Ursanne. Ehemalige Wohnhäuser der Domherren. Links die Schatzkammer des damaligen Kapitels.
St-Ursanne. Place du Mai. Brunnen mit der Statue des Hl. Ursanne auf dem Brunnensockel.
Im Hintergrund ein ehemaliges Wohnhaus der Domherren, das heutige "Maison Béchaux".
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