EVENEMENTS HISTORIQUES

Conquête
13 novembre 1474
Au temps des Guerres de Bourgogne, le prince-évêque Jean de Venningen part en guer-
re contre les troupes de Charles le Téméraire. Pendant le siège d'Héricourt, il
lance un contingent militaire sur la forteresse de Franquemont, voisine des Fran-
ches-Montagnes, au coeur de la petite seigneurie à cheval sur le Doubs. La cita-
delle, sur la route de Saint-Ursanne à Maîche qui franchit le cours d'eau à Gou-
mois, a une importance statégique pour l'Evêché de Bâle. Il faute en être maître.
La troupe du prince-évêque, 500 homems de la Prévôté de Moutier-Grandval, de
Saint-Ursanne et de Delémont, est commandée par le chevalier Henri de Montseve-
lier et Humbert des Bois, maire de Delémont. Le 11 novembre 1474, elle s'empare
des sept portes de la forteresse. La garnison réduite à tenir les derniers bas-
tions, le jeune noble Claude de Franquemont, confiné dans ses logis, crie aux
assiégeants, du haut du donjon, qu'il n'a pas mérité pareil traitement de la part
de Monseigneur de Bâle, qu'il rendrait bien le château, mais que les soldats
bourguignons qui le tiennent ne veulent pas y consentir. La garnison n'a aucun
secours à espérer, mais elle signifie sa volonté de se battre en suspendant une
épée nue à la muraille. Jean de Venningen ne s'en soucie guère. Pour affirmer sa
force, impressionner les assiégés et montrer qu'il se prépare à l'assaut décisif,
il amène de Saint-Ursanne une bombarde et quantité de boulets de pierre. La gar-
nison, ne voyant pas d'issue, négocie une reddition dans l'honneur. Le 13 no-
vembre 1474, elle franchit le Doubs avec armes et bagages, le chevalier Henri de
Montsevelier occupe la forteresse et bientôt l'ensemble de la seigneurie.
Denis Moine
Le Quotidien Jurassien 13.11.1998
Sources: Jean-Paul Prongué: La Prévôté de Saint-Ursanne du XIIIe au XVe siècle. Porrentruy, 1995. -
Histoire des troupes jurassiennes, Moutier, 1977.




EVENEMENTS HISTORIQUES
PRISE DE SAINT-URSANNE
11 MARS 1637
La guerre de Trente Ans qui ravage la Principauté de Bâle n'épargne pas Saint-Ur-
sanne. La garnison française, qui s'est emparée de la ville en 1364, se comporte
avec une telle cruauté que les habitants exédés massacrent les soudards impitoya-
bles 1). Plus tard, un parti de soldats impériaux maîtrise la cité et intercepte
les convois de vivres et munitions venant de Suisse pour les Français et Suédois
qui tiennent les places fortes de Franche-Comté. Le 11 mars 1637, le comte Jacques
de Grancey, gouverneur de Montbéliard, investit Saint-Ursanne avec 500 soldats.
Les mantelets et couleuvrines ouvrent le feu, le canon installé sur la colline
bombarde le château, "en moins de sept heures il tire 54 coups contre le portail,
qui firent au-dessus de la route une bresche à passer quatre hommes de front".
Pendant ce temps, une troupe de soldats "ayans chacun la grenade en main" con-
quiert pas à pas les quartiers de la cité. L'adversaire submergé s'enfuit par le
pont du Doubs, "ce qui fit rabattre beaucoup de résolution à celuy qui commandait
dans le chasteau". Sur la fin de la journée, une nouvelle bouche à feu est mise
en batterie et "au premier coup qu'elle tira avec l'autre, les ennemys estonnez
demandèrent à capituler". Le château est pris, la bataille de Saint-Ursanne ache-
vée. Le comte Jacques de Grancey, qui a libéré la voie pour le passage des con-
vois, destinés à la Franche-Comté, annonce au châtelain de Delémont, "comment
Dieu a fait prospérer les armes de Sa Majesté" et lui demande quarante chevaux
bien attelés pour ramener ses canons victorieux.
1) Voir le Quotidien Jurassien 14.10.1994

Source: Récit de la prise de Saint-Ursanne. Archives de l'Ancien Evêché de Bâle, Porrentruy
Le Quotidien jurassien, 11.3.1995 (1 ill.)
(dm)