LA CHAPELLE DE LORETTE A ST-URSANNE
HIC ANNO DOMINI MDLII AEDIFICATIO SANCTUARII SANCTO NICOLAO MDCXXXIII BENEDICTIO COEMETERII PESTE MORTUORUM MDCLIII RENOVATIO SANCTUARII SANCTI NICOLAI MDCLXXV PROCESSIO MAGISTRATUS AC POPULI A PESTE, FAME ET BELLO, LIBERA NOS MDCCXI AEDIFICATIO HUJUS SANCTUARII AD HONOREM B.M.V. LAURETANAE MDCCLXXVI RENOVATIO
A Peste, fame et bello, libera nos An. Dom. 1917
C'est édifice fut construit en 1711-1712 à l'est de la cité. Bâtiment rectangulaire surmonté d'un clocheton à bulbe. Mur de clôture entourant le cimetière du XIXe siècle.
La chapelle de Lorette fut fondée et construite en 1711 par le vicaire François-Conrad Chappuis de Delémont.
Gardiens: cf. Chèvre p. 580
La statue de Notre-Dame de Lorette dans la chapelle a été offerte par Jean-Georges Voirol, abbé de Bellelay en 1712: "Marie et le divin enfant ...".
La cloche a été fondue à Bâle par Hans Eineck l'an 1715, c'est-à-dire 4 ans après la construction de la chapelle. Sur un côté de la cloche figure l'inscription: "N.-D.Lorette", et sur l'autre. "An XI".
La fresque de l'est est une copie de la gravure de Würtisen: "St-Ursanne en 1580", exécutée par Léon Queloz, peintre à Porrentruy, en 1917.
La fresque de l'ouest représente St-Ursanne en 1728.
Deux fresques ont été supprimées en août 1972: - au-dessus de la porte est : peinture de la crypte au XIIIe siècle. - au-dessus de la porte ouest : peinture représentant saint Ursanne couché (sculp. d'après Bouchy).
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Une restauration a été faite en 1972 (août à septembre), le président de la paroisse étant alors Léon Pélégry.
- peinture : Silvio Tosalli, St-Ursanne - couvreurs : Coulon frères, Cornol - maçonnerie: Jean Brunod, St-Ursanne
************************************* Sépultures de la chapelle de Lorette: *************************************
BERNARD PARRAT (1731-18 décembre 1804)
un des derniers chanoines de l'ancien chapitre de St-Ursanne. Curé de la paroisse de St-Ursanne de 1762 à 1804 (Cf. son épitaphe gravée sur plaque d'étain).
Ci-après l'épitaphe du curé Jean-Bernard PARRAT (+ 18 décembre 1804) enterré à la chapelle de Lorette, gravée sur une plaque d'étain.
"Dans cette chapelle dédiée à Notre Dame de Lorette repose M. Jean- Bernard Parrat, de Delémont, curé de l'église de St-Ursanne, et chanoine de l'insigne Collégiale d'autrefois. Pendant quarante-deux ans, il a protégé le troupeau confié à son zèle aussi doux qu'invincible. Il l'a gouverné avec une merveilleuse prudence, l'a nourri de la Parole de Vie, et l'a éclairé du flambeau de son exemple par la pratique de toutes les vertus. Atteint d'une maladie mortelle, il repassait les anciens jours, et aspirait aux années éternelles, qu'il avait eues sans cesse dans l'esprit, lorsqu'il mourut en paix de la mort des justes le XVI des calendes de janvier MDCCCIV, à l'âge de soixante-treize ans. Il vivra éternellement. Lui-même s'est choisi ce lieu de sépulture au milieu de ses ouailles bien-aimées, pour y attendre la bienheureuse espérance du Seigneur et son avènement. A l'homme simple et droit, au prètre distingué par sa piété et la douceur de ses moeurs, à l'excellent Pasteur selon le coeur de Dieu, à celui qui fut l'amour et les délices de sa paroisse, l'espérance, la couronne et la joie de sa famille, et qui est maintenant pour l'un et pour l'autre l'objet d'un deuil plein de regrets, ce monument a été érigé par sa soeur éplorée et par ses neveux en larmes."
(Inscription composée par M. Cuttat).
JEAN-JACQUES BESANCON (1763-1818)
fut d'abord curé de Novilard près de Giromagny, puis curé de la paroisse de St-Ursanne de 1804 à 1818.
NOTRE-DAME DE LORETTE
Outre la belle Collégiale et son cloître admirable, St-Ursanne possède une chapel- le, surmontée d'un clocheton-dôme, qui, malgré les mauvaises peintures qui en re- couvrent les murs, ne manque pas de pittoresque. Sous les voûtes de notre antique Collégiale, nous voyons figurer, écrit Mgr Chèvre, à qui nous empruntons les don- nées de cette notice, dès les temps les plus reculés, parmi dix-huit autres, la chapelle Ste-Marie, qui avait son autel et son chapelain. La Sainte Vierge avait un second autel dans l'église paroissiale, car la ville possédait son église pro- pre, comme le Chapitre sa Collégiale.
Il manquait, néanmoins, un sanctuaire encore, qui fût exclusivement consacré à la Mère de Dieu. En 1711, le chanoine-curé, François Chappuis, vint répondre à une aspiration ancienne de la paroisse entière.
A dix minutes de la ville, au coude que fait le Doubs vers la France, s'élevait un humble oratoire, bâti en 1580 en l'honneur de saint Nicolas, dans le champ des morts, appelé "Cimetière des pestiférés". Car c'est là qu'on avait enterré les nombreuses victimes moissonnées par la peste de 1576 et par celle, non moins dé- sastreuse, de 1634. Or cet oratoire, à cette date, menaçait ruine; d'où vint à la paroisse l'heureuse pensée de le remplacer par une chapelle en l'honneur de la Mère des élus et des saints.
Elle reproduit, non tout à fait par son orientation, mais par sa forme et ses di- mensions, la sainte maison de Lorette.
Donc la chapelle de Lorette, bénie le 8 septembre 1712 par le prévôt Jean-Jacques Beuret, avec une statue de la Vierge richement vêtue, une grille de fer forgé de beau travail, un plafond d'azur semé d'étoiles, des murs à l'intérieur qui copient la brique rouge et l'édifice-modèle, vit bientôt accourir de nombreux pèlerins.
Elle avait non seulement son chapelain, mais encore son gardien, pour qui un mo- deste logis fut élevé à la porte du sanctuaire.
Elle dut être fermée pendant la Révolution, quand les impies s'acharnaient à détrui- re les objets du culte.
Un pieux larcin put cependant soustraire la statue miraculeuse de Notre-Dame de Lo- rette à leurs feux de joie, qui avaient dévoré, en revanche, les portraits de douze princes-évêques, ornement de la grande salle de l'Hôtel de Ville. Plus de quarante ex-voto conservés à Notre-Dame de Lorette nous autorisent à donner le nom de miracu- leuse à la statue. Ils représentent tantôt des malades dont le médecin avait déses- péré, des mourants qui étaient revenus à la vie, des malheureux qui avaient échappé à la mort ... On voit en ces humbles tableaux, offerts par la reconnaissance, jus- qu'aux troupeaux d'animaux domestiques, dont la conservation en temps d'épidémie avait été attribuée à Marie.
Fermée pendant les jours de la Terreur, la chapelle se rouvrit timidement sous la réaction des Thermidoriens, jusqu'à ce qu'on eût vu qu'ils ne le cédaient en rien à Robespierre pour la haine de la religion.
Bientôt après le Concordat de 1802, la statue de Notre-Dame de Lorette réapparut dans son sanctuaire et les pèlerinages reprirent. Ils s'interrompirent de nouveau pendant le Kulturkampf. Puis une nouvelle fondation fut instituée pour la célébra- tion de la messe, le samedi de chaque semaine, de Pâques jusqu'au lundi de Pente- côte. Le saint Sacrifice est offert à Lorette à divers autres jours de l'année encore, occasions où la chapelle est toujours trop petite pour le nombre des as- sistants.
Deux prêtres, suivant le pieux désir exprimé de leur vivant, ont trouvé leur de- meure sous le pavé de la chapelle. Ce sont les deux curés de la ville, Bernard Parrat, un des derniers chanoines de l'ancien Chapitre de St-Ursanne, mort en 1804, et Jean-Jacques Besançon, d'abord curé de Novilard près de Giromagny, ici décédé en 1818.
in: A. Membrez. Eglises et Chapelles du Jura bernois. Précis historique et étude descriptive.
Olten, Editions Otto Walter SA., 1938.
Références/bibliographie
Chèvre, F. Notice historique sur la chapelle de Lorette à St-Ursanne. Fribourg, Impr.cath.suisse. 1882; 35 p. 16
AVANT-PROPOS
La dévotion à la douce Mère de Dieu a toujours été populaire et en grand honneur à Saint-Ursanne et dans toute les religieuses paroisses du Doubs.
Les Confréries du Saint Rosaire et du Saint Scapulaire de Marie, érigées depuis des siècles, y comptent autant de membres que d'habitants catholiques.
Chaque fête de l'Immaculée Vierge voit de nombreux fidèles accourir à la table sainte dans toutes les églises de cette partie du Jura.
Dès lors, il n'est pas étonnant qu'on ait songé de bonne heure à élever à Marie un sanctuaire particulier. Et parmi les sanctuaires de la Vierge sainte, nul ne pou- vait être plus agréable à ses yeux ni plus fécond en fruits de salut pour le peuple chrétien que la reproduction de la maison auguste où Marie a vécu, et porté dans son sein virginal le Verbe fait chair, le Fils de Dieu incarné.
C'est pourquoi il nous est doux, et nous savons être en cela agréable à nos chers catholiques de Saint-Ursanne et du Doubs, de rappeler l'origine et la conservation de notre modeste chapelle de Lorette, témoin de tant de prières ferventes montées vers le trône de Marie et toujours exaucées. Encourager la dévotion à la Mère de Dieu et à la Mère des âmes, à Celle qui nous a visiblement protégés contre le schisme et ses fureurs, à Marie qui nous a donné et qui nous donnera toujours la victoire sur les ennemis de son Nom, de son Fils et de l'Eglise, tel est le but que nous désirons atteindre par cette humble publication.
Saint-Ursanne, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, 1882. F. Chèvre, curé-doyen.
LA CHAPELLE DE NOTRE-DAME DE LORETTE A SAINT-URSANNE
I
En sortant de la ville de Saint-Ursanne par la porte Saint-Pierre, le voyageur se trouve bientôt en face d'un ravissant coup d'oeil. Devant lui s'élève, dans sa har- diesse et sa force, à quarante mètres du sol, le viaduc qui sert de trait d'union entre les deux grands tunnels du Doubs. A droite et à gauche apparaissent des mon- tagnes portant jusqu'aux nues leurs cimes et leur verdure, qui se mirent dans les eaux du Doubs. Le fleuve, qui a précipité jusqu'ici son cours à travers les sites les plus sauvages et les plus belles horreurs de la nature, semble un instant se recueillir dans le calme et la majesté de ses flots transformés en lac limpide. Puis il tourne brusquement sur lui-même, en faisant un coude presque à angle droit et se décide enfin à courir à flots pressés vers la France qui l'invite et la Saône qui l'appelle.
Mais avant de s'enfuir, il salue du murmure de ses eaux joyeuses une modeste cha- pelle dont il retrace l'image dans ses flots. Ce sanctuaire béni, entouré du silen- ce et du champ des morts, c'est la chapelle de Notre-Dame de Lorette. Elle semble placée là par la Providence, entre la ligne ferrée et le Doubs paisible, pour dire aux voyageurs qui fuient au-dessus d'elle: Ici est la paix et le repos du chrétien, dans la prière et ses immortelles espérances.
II
En 1580, sous les auspices du plus illustre des évêques de Bâle, Christophe Blarer de Wartensée, un humble oratoire fut construit par les soins du Chapitre de Saint- Ursanne et de son prévôt Jean Georges de Lichtenfels. Cette première chapelle était dédiée à Saint-Nicolas, qui avait déjà depuis trois siècles son autel et son chape- lain dans la collégiale. C'est sous la protection de l'évêque de Myre, qui avait rappelé des morts à la vie, que la piété du Chapitre aimait à placer le champ des- tiné au dernier sommeil du chrétien. Jusqu'à cette époque, le grand dortoir commun avait entouré la collégiale et l'église paroissiale sa voisine. Mais la ville avait vu s'augmenter sa population, ainsi que la paroisse. Le double cimetière, resserré entre les rues de la ville, devenait trop étroit. Il fallut le transporter ail- leurs, et on ne pouvait trouver un site plus favorable que celui qui fut choisi, et où dorment depuis trois siècles ceux qui ont dit à leurs parents et à leurs amis l'adieu d'un long jour.
D'ailleurs, une autre considération plus puissante ne fut pas étrangère à ce chan- gement. Le cimetière de 1580 est nommé dans un acte de visite épiscopale de 1752, cimeterium pestiferorum, ou cimetière des pestiférés. Or, on sait que de 1576 à 1580, la peste sévit non-seulement à Milan, où Saint Charles Borromée conjura l'épidémie par ses prières, mais encore à Paris où la peste fit trente mille victimes, et dans toute l'Europe.
Le 7 mai 1882, un pèlerinage de trois cents personnes se rendait de Paris à Notre-Dame de Pontoise pour accomplir le voeu fait en 1580 à l'occasion des ravages de la peste. (Le Monde, N° 110, année 1882).
III
L'oratoire de St-Nicolas avait été construit à la hâte. Sa solidité ne tint pas contre le temps. Dès le commencement du XVIIIe siècle, la petite chapelle menaçait ruine. Un pieux chapelain, Louis Mauvais de Trévillers, songea à sa reconstruction. Dans ce but, il légua en 1709, une somme de vingt livres de Bâle. Deux ans après, le chanoine François Chappuis, curé de Saint-Ursanne, le suivit dans la tombe. A son tour, il léguait une somme de quatre cents livres. C'était la valeur de son ar- genterie consistant en douze gobelets, douze services de table, etc, plus ses bu- rettes avec une chasuble et un missel. Il demandait seulement que la chapelle à re- bâtir fût dédiée à Notre-Dame de Lorette "pour la plus grande gloire de la Mère de Dieu et l'avantage des âmes ferventes à l'invoquer".
La piété de ces deux serviteurs de Marie trouva des imitateurs. Le lieutenant du prince, François-Bernard Billieux, légua deux cents livres à la même intention, Ma- rie-Thérèse Liepure, veuve du maire Ursanne Billieux, donna cinquante livres, Fran- çois Danville de St-Ursanne en donna autant, et tous ces fonds réunis firent une somme suffisante pour entreprendre sans retard et mener à bonne fin l'oeuvre de reconstruction vivement désirée de tous.
IV
Avec l'assentiment du chapitre, le magistrat de la ville, "qui en avait meurement délibéré", adressait dès le 2 mars 1711, une pieuse requête au prince-évêque Jean Conrad de Reinach, en vue d'obtenir l'autorisation de reconstruire la chapelle de St-Nicolas "estant fort ruineuse, de l'agrandir et de lui donner le titre de Notre- Dame de Lorette, pour attirer la dévotion des peuples de cette paroisse et du voi- sinage, le tout pour l'augmentation du service de Dieu et l'honneur de sa très glo- rieuse Mère, la Vierge Marie".
Quatre jours après, le 6 mars 1711, le suffragant de l'évêque de Bâle, Jean Baptis- te Haus, accordait gracieusement l'autorisation demandée, et le 6 décembre de la mê- me année, le marché était conclu entre le magistrat de la ville et l'entrepreneur Jacob Hugonin, dans les conditions suivantes qui furent exactement remplies. Elles nous donnent les dimensions précises de la chapelle de Lorette telle qu'elle existe, en bon état, de nos jours.
V
"La muraille pour la dite chapelle se fera aussytost que la saison du printemps sui- vant permettra, etsera la longueur de ladite muraille de trente deux pieds trois pouces de vuide. La hauteur depuis le pavé jusqu'à la corniche sera de seize pieds. La voûte depuis la corniche sera haute de six pieds et cinq pouces. La largeur du vuide de la chapelle sera de quatorze pieds".
"En outre, on élèvera le pavé de la chapelle d'environ un degrez ou deux. Et proche de la grille seront aussy deux degrez (pour monter au choeur).
"La chapelle sera pavée de pierres grandes, ajustées proprement. Et à l'entour de l'autel se pavera avec des carrons ou briques. Il y aura des corniches en pierre au haut de la muraille tant devers dedans que dehors. Cette muraille aura des fonde- ments en pierre de taille de trois pieds de haut".
Le prix du travail est convenu à raison d'une livre et quinze sols la toise de 7 pieds, mesure de Saint-Ursanne. Même prix pour la voûte et le pavé.
La charpente et le clocher de la chapelle furent entrepris par le chapentier Pierre Nusbaumer, de Saint-Ursanne. Il devait faire sur la chapelle "une petite tournelle de deux colonnes de chêne, surmontée d'un petit dôme de six quarrés". Le même ou- vrier était chargé de faire également les cintres pour la voûte, le tout à raison de soixante-sept livres et dix sols, "avec les couppeaux ou estelles, qui lui re- viendront".
Bâtie conformément à ces intentions, la chapelle de Lorette a pour plan un rectangle mesurant à l'intérieur un peu plus de trente deux pieds de longueur, soit neuf mè- tres cinquante-quatre sur une largeur de quatorze pieds ou quatre mètres quinze cen- timètres, avec une hauteur de quatre mètres quinze jusqu'à la naissance de la voûte, et de cinq mètres quatre vingt-dix, du sol au sommet de la voûte. Le pavé du vais- seau de la chapelle, séparé du choeur par une forte grille en fer, assez bien tra- vaillée, est en pierres de taille. Le choeur où s'élève un autel romain est pavé en briques rouges. Derrière l'autel, une sacristie est séparée du choeur par une grille en bois qui monte jusqu'à la base de la voûte. A travers les losanges de cette gril- le, surmontée d'un Calvaire on aperçoit la statue de la très sainte Vierge, riche- ment habillée, et tenant dans ses bras le divin Enfant.
Comme on le voit, la piété éclairée qui a présidé à la construction de ce sanctuaire a voulu de point en point imiter la sainte chapelle de Lorette et la reproduire avec le plus de précision possible. Les dimensions à peu de choses près sont les mêmes (voir B. Caillau, histoire de Notre-Dame de Lorette). Comme à la Santa-Casa, notre chapelle de Lorette a les murs couverts de petits carrés de couleur rouge, imitation de la pierre de Nazareth. La voûte, également peinte, offre l'aspect de l'azur des cieux semé d'innombrables étoiles.
Comme à Lorette encore, deux portes en face l'une de l'autre donnent entrée dans la chapelle. Une troisième porte, souvenir de l'antique cheminée, s'ouvre directement sur l'espace que s'étend derrière l'autel et sert de sacristie. Il n'y a pas jusqu'à l'humble armoire de la Sancta-Casa qui n'ait été reproduite fidèlement dans la cha- pelle de Lorette de St-Ursanne.
VI
Après en avoir fait la description, revenons à la construction de la chapelle. Le 15 août 1711, le prince de Reinach, évêque de Bâle, écrivait au prévôt du Chapitre de Saint-Ursanne, Jean-Jacques Beurret, docteur en théologie: "Une nouvelle chapel- le devant s'élever en l'honneur de Notre-Dame de Lorette sur les ruines de l'an- cienne chapelle Saint-Nicolas, connaissant d'ailleurs suffisamment votre probité et votre intégrité de vie et de moeurs, Nous vous accordons volontiers l'autorisation de bénir et de poser la première pierre de cet édifice, en observant religieusement les cérémonies et les rites prescrits dans notre Rituel de Bâle".
Et dès le mois suivant, 8 septembre, le prévôt Beurret procédait solennellement à la bénédiction et à la pose de la première pierre de la chapelle, en présence d'une grande foule accourue de la paroisse et de toute la prévôté.
L'hiver vint suspendre les travaux; mais dès les premiers beaux jours du printemps 1712, au bout d'un an, jour pour jour, elle put recevoir la bénédiction solennelle et s'ouvrir aux prières des pieux visiteurs.
C'est alors que fut placée sur son piédestal la belle statue de Marie et du divin Enfant, don précieux de la piété du Révérendissime abbé des Prémontrés de Bellelay, Mgr Jean-Georges Voirol, occupé lui-même alors à rebâtir l'église de son monastère. Ce prélat, distinguéé par sa science et sa piété, se montrait ainsi le digne suc- cesseur de son parrain, le Révérendissime abbé Jean-Georges Schwaller, comme il savait aussi se montrer le digne ami du suffragant de Bâle, Mgr Christophe Haus et de son collègue le P. Hugo, abbé d'Etival, l'auteur si justement estimé des Annales de son ordre.
VII
Ce n'était pas assez, aux yeux de la ville et de la paroisse, d'avoir magnifiquement relevé l'ancien oratoire de Saint-Nicolas converti en chapelle de la Vierge sainte de Lorette. Il fallait encore, pour la conserver, et en avoir soin, placer là, tout près du nouveau sanctuaire, une garde à demeure.
Dans ce but, le magistrat s'adressa au prince-évêque pour obtenir de Sa Grâce la permission de bâtir un petit logement pouvant servir à un gardien de la chapelle et du champ des morts. Sur la recommandation du baron de Neveu, châtelain, et de Jac- ques Billieux, lieutenant de l'évêque à Saint-Ursanne, l'autorisation épiscopale fut accordée, le 31 mars 1713. Aussitôt la modeste demeure fut construite sur l'emplace- ment même qu'occupait jusqu'alors l'oratoire de Saint-Nicolas. Un Frère du Tiers- Ordre de Saint-François y fut installé, et il eut pour consigne et devoir de veiller à la propreté de la chapelle et des ornements qui y furent déposés pour la célébra- tion du saint sacrifice.
C'est pendant la belle saison de la même année 1713 que la chapelle vit peindre ses murs en rouge et sa voûte en azur semé d'étoiles.
Cette peinture a été renouvelée en 1776, comme l'indique une inscription qu'on lit au bas de la chapelle.
VIII
Le 8 septembre 1713, tout était achevé, lorsque la paroisse se rendit procession- nellement à la nouvelle chapelle. Son digne et pieux curé, le chanoine Germain Hennet (originaire de Delémont) "y célébra une grande messe sur un marbre bénit, et d'autres Prestres y célébrèrent aussy le mesme jour". Ce fut donc, on le voit, une fête de joie et de doux bonheur pour le curé, les chanoines et les chapelains, autant que pour tous les paroissiens.
Aussi, dès l'année suivante, nous voyons le même curé Hennet à la tête de sa reli- gieuse paroisse se rendre en procession au sanctuaire de Marie, le mardi de Pâques et le mardi de Pentecôte, pour y sanctifier ces jours de fête par le chant et la célébration des saints mystères. Cette pieuse pratique, une fois établie, subsista jusqu'à la Révolution. Lorsque le mardi des grandes semaines de Pâques et de la Pentecôte cessa d'être fête de commandement, la procession eut lieu le lundi, non plus pour l'office du matin, à cause de l'exiguité de la chapelle, mais après les vêpres du jour.
IX
L'érection de la chapelle de Lorette répondait aux aspirations des populations tou- jours si chrétiennes du Doubs. Ce qui le prouve, c'est d'abord la joie confiante a- vec laquelle on accourt de toutes parts prier Notre-Dame de Lorette, puis l'empres- sement à enrichir de fondations pieuses ce nouveau sanctuaire. Outre les premiers bienfaiteurs que nous avons déjà signalés, il n'est que juste de joidnre à leurs noms ceux de François-Bernard Billieux, et d'Ursanne Billieux, grand maire de la Prévôté, qui fondèrent chacun douze messes à célébrer de mois en mois dans la cha- pelle sainte.
Nommons encore M. le Révérendissime prévôt Klötzlin, d'Altnach, le chanoine de Grandvillers, Jean-Baptiste Migy, maître-bourgeois, Jean-Bernard Migy, lieutenant de ville, Ursanne Theubet, Jean-Bernard Finck, Henri Grillon, Anne-Barbe Pfliger, Anne-Marie Brossard, Béatrix Bassand, Eve Erard, Madeleine Queloz, Marie-Othile Jobin, etc.
Dès l'année 1718, les comptes de Lorette rendus par le receveur de la chapelle, Ursanne Billieux, accusaient un revenu de cent soixante et une livres dix sols, qui balancé par une dépense de cent cinquante deux livres six deniers présentait un reliquat actif de neuf livres six deniers.
Le 10 juillet 1734, Anne-Marie Billieux, née Bassand, léguait à la Chapelle de Lorette une somme de trois cents livres "pour servir de fondation au luminaire de cette chapelle", c'est-à-dire pour l'entretien d'une lampe qui devait brûler nuit et jour devant la statue auguste de Marie et de son adorable Fils.
Toutes ces fondations dont la dernière remonte à l'année 1763, ont été emportées par le tourbillon et les fureurs impies de la Révolution française en 1794. Depuis lors six nouvelles messes ont été fondées à Lorette par feu Mlle Thérèse Girardin de Mâran, paroissienne de Saint-Ursanne. Ces messes se célèbrent, pour les besoins de la paroisse, chaque samedi, depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte, et les fidèles y assistent chaque fois avec un pieux empressement.
X
D'année en année, on disposait des revenus de la chapelle pour l'embellir ou renou- veler ce qui tombait sous les coups du temps. De 1729 a 1768m nous trouvons dans les comptes de la chapelle les détails suivants:
Une porte à deux battants pour entrer du choeur à la sacristie, ce travail a coûté cinq livres dix sols. L'armoire à mettre les ornements, quatre livres dix sols, plus une livre dix-sept sols huit deniers pour le ferrement. Les bancs, deux livres dix sols. Une chasuble neuve, vingt-trois livres dix sols.
Toile "pour une albe et amict" seize aulnes, quatre livres dix sols neuf deniers.
Quatre chandeliers argentés pour l'autel, neuf livres.
"Bouquets de toile" six livres, deux sols six deniers.
"Façons (confection) de deux nouvelles albes" une livre, sept sols six deniers.
En 1729, les principaux débiteurs de la chapelle de Lorette étaient Pierre-Fran- çois Noirjean de Montfaucon, Nicolas Quillerat, lieutenant de Saint-Ursanne, Pierre Jolidon, de Saint-Brais, Françoise veuve de Joseph Cuenin d'Epiquerez, Joseph Pape de Soubey, Jean-Thomas Maître et Thoinat Débrosses d'Epauvillers, Jean-Baptiste, fils de Lodvic Feivet de Seleute, Ursanne Henri et Pierreloz Chevillat de Montmelon, Ursanne Cuenin de Froidevaux, etc.
En 1792, tous ces débiteurs ou leurs héritiers, eurent à verser au plus tôt et sous peine de poursuites immédiates, à la régie nationale, les intérêts ar- riérés, puis à rembourser sans retard le capital aux caisses de la Révolution, que les biens volés à l'église ou aux particuliers transformaient de plus en plus en panier percé.
XI
Le 18 janvier 1760, le chapelain de Lorette, Ursanne Verdat, prêtre de Saint-Ursan- ne, en présence des magistrats Jean-Claude Jeannerat, lieutenant de ville et Pierre- François Bassand, maître-bourgeois, dressait un inventaire complet des objets appar- tenant à la chapelle de Lorette. Citons en particulier les articles suivants:
Un calice avec patène en argent doré. Une chasuble brodée, une autre chasuble en satin rouge semée de fleurs blanches, quatre autres chasubles dont une blanche et une noire, cette dernière toute neuve. Cinq aubes et autant d'amicts. Six robes pour la sainte Vierge et autant "pour le petit poupon". Ces robes étaient de diverses couleurs, suivant le cycle de l'Eglise; les unes étaient en drap d'ar- gent, d'autres en soie ou en satin avec franges d'argent, dont une "couleur de ca- fé". Il y avait en outre cinq voiles en satin blanc ou bleu, plus une chaînette en argent "de la longueur d'environ deux aulnes assez massif" et des chapelets "en coq ou en perles", avec médaillon et roses d'argent. Un troisième chapelet portait "une médaille d'argent de saint François". Puis c'étaient des rubans à fleurs d'or, aux- quels étaient suspendues soit une médaille de saint François-Xavier avec rose d'ar- gent, soit une médaille en or représentant d'un côté l'Annonciation, de l'autre le saint Nom de Jésus.
De nombreux vases à fleurs, avec leurs "bouquets" variés, servaient à orner l'autel et le reposoir de Marie. Quatre "grandes images" étaient appendues aux murs de la chapelle: c'étaient d'un côté celles de saint Joseph et de saint Jean Népomucène, et en face celles de saint Nicolas et de saint Augustin.
La plupart de ces objets pieux ont subi le sort des fondations et sont devenus la proie des Vandales de 1793.
XII
Les premiers chapelains, appelés successivement par le magistrat de Saint-Ursanne à desservir Notre-Dame de Lorette, furent Pacifique Migy (1713-1759), Ursanne Verdat, régent d'école (1757-1763) et Jean-Germain Bouvier, tous de Saint-Ursanne. S'appuy- ant sur le fait de la réédification de la chapelle, dont il avait pris l'initiative, puis sur le silence ou le laisser faire des deux curés Conrad Chappuis et Germain Hennet, ainsi que du curé de la Brèche, le magistrat se considérait comme fondateur de la nouvelle chapelle, et à ce titre il s'en attribuait la collature. C'était à tort, car nous avons vu que ce n'étaient ni la ville ni la paroisse qui avaient fait les frais de cet édifice, mais uniquement les bienfaiteurs que nous avons nommés. C'est ce que comprit le curé Jean-Georges Triponé, docteur en droit canon, succes- seur du curé Hennet, (mort en 1744). Aussi dans la visite de la paroisse faite au nom de l'évêque, par l'archidicare Louis Klötzlin d'Altnach, prévôt du Chapitre, le 5 décembre 1756, M. Triponé (1754-1763) crut devoir présenter à cet égard ses récla- mations à l'Ordinaire. Son droit que le magistrat limitait à la simple inspection de la chapelle de Lorette, à l'exclusion de toute participation à la nomination du cha- pelain, et de tout contrôle sur la comptabilité des revenus de la chapelle, son droit lui paraissait lésé, et il revendiquait, en sa qualité de curé, l'administra- tion de la chapelle de Lorette.
De son côté, le magistrat songeait à faire ériger en bénéfice indépendant de la cure, la chapelle dont il se déclarait à tort le principal fondateur.
Déférée au jugement de l'évêque, Mgr Rinck de Baldenstein, l'affaire fut tranchée en faveur du curé, dont les droits furent solennellement proclamés. Mais le magis- trat ne se tint pas pour battu. Il en appelle au métropolitain. L'Ordinaire de Besançon, saisi du procès, entendit les deux parties, ou plutôt leurs avocats, qui se disputaient la palme de la science canonique. Le procès durait depuis cinq ans, lorsque le curé Triponé vint à mourir. Sa mort mit fin au procès. Son succes- seur, le chanoine Parrat, "dans l'intention particulière de cimenter la bonne union qui doit régner entre le pasteur et ses ouailles pour la plus grande édifi- cation des peuples et la gloire de Dieu" prit l'initiative d'une transaction qui fut enfin signée de part et d'autre, le 24 mars 1764.
Aux termes de cette transaction, le magistrat resta en possession de nommer le chapelain de Lorette, à condition toutefois que le curé aurait sa voix à donner pour cette nomination, et qu'en outre l'élu serait obligé de prêter son concours au curé et au vicaire de la paroisse pour les fonctions du saint ministère. Il devait faire les catéchismes, entendre les confessions, porter les sacrements aux malades, toutes les fois qu'il en serait requis par le curé. En outre, à celui-ci étai réservé le droit de célébrer personnellement douze messes à Loret- te, une en chaque mois de l'année. Il avait aussi le devoir d'y conduire la pa- roisse en procession, et de célébrer là le saint sacrifice chaque année les mardis de Pâques et de Pentecôte, moyennant une rétribution de quinze sols cha- que fois. Le magistrat continuait à gérer les fonds de la chapelle, mais le cu- ré devait avoir une clef du tronc des offrandes, et recevoir un état exact des messes qui seraient fondées à cette chapelle entre les mains du magistrat ou de son receveur. Les signataires de cette transaction étaient le chanoine Parrat, le grand maire Jean-Jacques Migy; Pierre-François Bassand, maître-bourgeois en chef; les deux lieutenants de ville: Jean-Claude Jeannerat et Bernard Quillerat, ainsi que les conseillers: Jean-Henri Verdat, François-Dominique Perrine et Joseph Marchand, tous de Saint-Ursanne.
XIII
A l'occasion du procès que nous venons de mentionner, il n'est pas sans intérêt de voir, dans le dossier qui nous en reste, les précédents que les parties invoquaient tour à tour comme moyens d'attaque ou de défense.
Les avocats des appelants, MM. Delfils, de Porrentruy; Bobillier et Pajot, de Be- sançon, ce dernier procureur au parlement de Franche-Comté, citaient en faveur des prétentions du magistrat, les exemples de Notre-Dame de Lorette près de Porrentruy; de Notre-Dame du Vorbourg, près de Delémont; ainsi que de la chapelle de Saint-Sé- bastien, dans la même paroisse; et ils affirmaient que les chapelles étaient toutes trois "régies et administrées par les magistrats de ces endroits à l'exclusion des curés", d'où ils concluaient que le magistrat de Saint-Ursanne avait le même droit sur la chapelle de Lorette.
A ces exemples, la défense opposait d'autres exemples. A Chèvremont et à Oensingen, répondait-on, se trouvent aussi des chapelles, qui ont même sur celle de Lorette l'avantage d'être des bénéfices. Néanmoins défense a été faite par l'Ordinaire de Bâle, d'y exercer aucune fonction paroissiale, et notamment d'y recevoir ou célé- brer aucune fondation, sans le consentement du curé.
Il en est de même, ajoute le mémoire de M. Triponé, à Mervelier, à Bassecourt et à Saulcy. L'oratoire de Saint-Remy à Mervelier, pour être construit, a dû être doté de deux cents livres de Bâle, à condition que le curé de la paroisse (Montsevelier) y célèbrerait dix messes chaque année. La chapelle Saint-Humbert (sic) à Bassecourt, a six messes fondées. C'est le curé seul qui est chargé de les célébrer, ou de les faire célébrer par un prêtre à son choix, et non au choix de la paroisse. Il en est de même à Saulcy. Il a été décidé par l'Ordinaire de Bâle que le curé de Glovelier, à l'exclusion de tout autre prêtre, célèbrerait les messes ou anniversaires fondés en cette chapelle. Et cependant, ce qui est à remarquer, c'est que la cure de Glo velier est à la nomination du Chapitre de Saint-Ursanne.
Il n'est pas difficile de conclure que le jugement rendu par l'évêque de Bâle dans le différend soulevé entre le curé Triponé et le magistrat de Saint-Ursanne, n'était que juste et parfaitement canonique. Il est à croire que la cour métropolitaine n'aurait fait que le ratifier, si la transaction dont nous avons parlé n'avait pré- venu la sentence définitive.
C'est ce que comprenait fort bien le curé Triponé, docteur en droit canon, et cette conviction de ses droits explique et justifie sa tenacité à les revendiquer pleine- ment. D'ailleurs son caractère ferme ne lui eût pas permis de céder en cette occa- sion. Le conseiller du Prince, Ursanne de Billieux, l'insinuait à son cousin, le maire de Saint-Ursanne, dans une lettre confidentielle. - "Ne faits pas beaucoup de bruit, lui disait-il, vis-à-vis de M. le curé: il est dur et vous n'y gagnerez rien".
XIV
Près de la chapelle de Lorette, s'élève la maison du gardien. Le 21 mars 1713, le conseil de la ville faisait marché avec le maçon Jean Metthey de la Cernie, pour cette construction. La nouvelle maison devait occuper l'emplacement de l'ancien o- ratoire de Saint-Nicolas.
Les dimensions tracées étaient "de dix-huit pieds de bise en vent, et de vingt pieds de midy en minuit". Les murs devaient avoir une épaisseur de deux pieds, jus- qu'à une hauteur de huit pieds au-dessus du sol. La hauteur totale de la maison de- vait être égale à celle de la chapelle. L'entrepreneur était chargé "d'y bâtir un poesle, une petite chambre proche du poesle, une cuisine et rière ladite cuisine encore une petite chambre; et fera fourneau de briques ou de pierres, la porte et les fenestres de pierre avec un foyer et une cheminée. Il couvrira la maison, moyennant qu'on luy fournisse sur le toit, et rendra la dite maison en estat d'ha- biter dans le mois de juin suivant. Pour lequel travail achevé on luy a promis de luy payer trente escus blancs, soit soixante sept livres dix sols".
Au protocole des Résolutions du conseil de la ville, on lit à la date du 15 mars 1713: "Par devant la seigneurie et magistrat a été résoult qu'on recevait François- Joseph Aubry, de l'Ordre de Saint-François, natif de Meurial (Muriaux), pour habi- ter dans l'ermitage de la Notre-Dame de Lorette en veue de son bon comportement, moyennant de ne point laisser seule la dite chapelle". (Sig.) Jean-Baptiste Bil- lieux, lieutenant.
Remarquons cependant que le Frère Aubry, le premier ermite gardien de la chapelle, n'était que du Tiers-Ordre de Saint-François, comme il est qualifié dans un inven- taire dressé en 1732. A cete époque, il fut remplacé par Christophe Schütz, auquel on donna outre le logement de Lorette, la jouissance du petit jardin attenant aux murs du cimetière du côté du Doubs. A l'occasion de cette nomination faite par le magistrat, celui-ci se réservait le droit "de pouvoir changer l'ermite et le congé- dier quand il le trouvera bon pour raison..." Ce qui fait croire qu'on n'avait pas eu lieu toujours d'être très satisfait de la conduite du premier.
Le second se montra parfois trop négligent à fermer la chapelle pendant la nuit. Dans la visite épiscopale de 1752, le curé reçut l'ordre de déposer le gardien, si ce dernier ne mettait un peu plus d'empressement à remplir son devoir. En même temps l'évêque Joseph-Guillaume déclarait que les ermites demeurant dans la parois- se, car il y en avait un second au-dessous de la grotte et près de la chapelle de Saint-Ursanne, étaient "soumis et subordonnés au curé dont ils avaient à recevoir leur direction, faute de quoi, ajoutait le document, sur la première plainte qui Nous sera rendue à cet égard, ils seront renvoyés de leur ermitage".
En 1755, Christophe Schütz était gardien de la chapelle.
Après les ermites, ce furent des personnes pauvres de la ville, hommes ou femmes, qui furent chargées du soin de la chapelle et des ornements de Lorette, et qui occupèrent le logement destiné au gardien de ce sanctuaire. C'est ce qui a eu lieu surtout depuis la Révolution jusqu'à nos jours.
XV
De nombreux ex-voto suspendus aux murs de la chapelle attestent les miracles obte- nus par l'intercession toute-puissante de la Mère de Dieu. Ces monuments de la re- connaissance pieuse envers Marie remontent jusqu'aux premières années de l'érection du sanctuaire. Le plus grand nombre porte les dates de 1750 à 1760. Ici ce sont des malades désespérés du médecin, ou des mourants qui reviennent à la vie. Là, des mal- heureux précipités dans le Doubs, sur le point d'être noyés avec leurs chevaux ou sous la barque qui les portait. Ailleurs, à côté de voitures renversées et d'hommes traînés sur le sol, on voit des troupeaux de boeufs, de vaches, de chevaux et d'au- tres animaux pour la conservation desquels on prie Celle de qui nous vient toute grâce temporelle ou spirituelle. Il s'agit évidemment dans ce dernier cas d'épidé- mies qui occasionnaient une grande mortalité parmi les animaux domestiques, cette richesse de nos montagnes et ces fidèles amis de l'homme.
Les pèlerinages à Lorette étaient fréquents avant l'impiété sacrilège de 1793. On y venait presque chaque année en procession de Saint-Brais, d'Epauvillers, de Glo- velier, de Lamotte et de plusieurs autres localités des environs. Outre ces pèleri- nages publics, on voyait de nombreux pèlerins venir en particulier chaque semaine invoquer la Mère des grâces.
Interrompus forcément de 1793 à 1801, par la fermeture de la chapelle, que Marie préserva de la profanation révolutionnaire, ces pèlerinages, tant publics que par- ticuliers, reprirent leur cours dès que la piété chrétienne pût de nouveau se donner carrière en toute liberté. Que de fois on est venu, dans des calamités publiques, telles que sécheresses, pluies continuelles, épidémies, implorer la douce Mère du Sauveur, et toujours les prières de la ferveur confiante ont été exaucées.
Ces prières des enfants de Marie ont dû se taire une fois encore pendant la persé- cution maçonnico-bernoise qui a frappé de terreur et couvert de ruines morales l'infortuné Jura catholique, de 1873 à 1878. Le sanctuaire de Lorette fut alors profané par deux prêtres apostats, étrangers l'un et l'autre à notre pays. Jusqu'à la réconciliation du sanctuaire, qui s'est faite le 25 mars 1879, Lorette a été complètement abandonnée. Bien qu'ouverte nuit et jour, personne n'y portait plus ses pas ni ses prières. Mais aussitôt que la chapelle a été rendue par le schisme au culte catholique, les pieux pèlerins ont recommencé avec une foi et une ferveur nouvelles. Seulement, les processions saintes n'ont pas repris leurs cours, grâce à la tyrannie d'un décret gouvernemental qui les interdit. Un jour viendra, nous l'espérons, où le sentiment de la vraie liberté enverra ce décret d'une odieuse in- tolérance, rejoindre ses aînés, de 1793 et de 1873. Et la paroisse de Saint-Ursanne, ainsi que les paroisses voisines, pourront s'acheminer de nouveau dans la liberté de leur foi et la joie de leurs âmes, vers le sanctuaire à jamais béni de Notre-Dame de Lorette.
Aux pieds de la sainte Vierge, deux pierres sépulcrales, couchées l'une à côté de l'autre, forment le centre du pavé du sanctuaire. Ce sont les tombes soeurs de deux curés de Saint-Ursanne, pieux et fidèles serviteurs de Marie, Messieurs Ber- nard Parrat, natif de Delémont, et Jean Jacques Besançon de Navillard, près de Giromagny. Le premier, ancien chanoine de la collégiale, a desservi la paroisse de Saint-Ursanne pendant trente-neuf ans. Il est mort le 17 décembre 1804. Le second, après avoir desservi la paroisse de Fontaine et de Giromagny, a été pendant quator- ze ans curé de Saint-Ursanne, jusqu'au 9 décembre 1818. Il est mort presque subite- ment entre les bras de ses confrères au sortir de l'office des Vêpres de Saint- Ursanne, le jour de la fête patronale emportant comme son digne prédécesseur les regrets mérités de toute la paroisse.
Sous ces dalles bénies, leurs restes mortels semblent redire encore le Sub tuum de l'espérance, comme leurs âmes chantent dans le ciel l'Ave Maria de l'éternel amour.
Notre-Dame de Lorette à Saint-Ursanne
LA GROTTE DE SAINT-URSANNE (613-620). - LE MONASTÈRE (620-1076). - LE CHAPITRE (1120-1793). - CONFRERIE DE LA SAINTE-VIERGE (1434-1665). - LE CIMETIERE DES PESTIFERES. - LA CHAPELLE CONSTRUITE (1712). - FONDATIONS, CHAPELAIN ET ERMITE. - LORETTE PENDANT LA TERREUR THERMIDORIENNE (1796). - LA STATUE MIRACULEUSE REINTEGREE (1802). - PÈLERINAGES ET PROCESSIONS A LORETTE. - DEUX TOMBES VENERABLES.
Le plus ancien sanctuaire de Marie dans le Jura, et l'un des plus anciens de la Suisse, est la grotte que vint sanctifier par sa présence et ses vertus le bien- heureux Ursanne, l'an 613 de notre ère. On sait quelle était, à Benchor, dans la verte Erin, la dévotion profonde des trois mille moines de saint Comgall en- vers la Mère de la virginité chrétienne. Benchor répondait à Nicée. Au Sanctus de la terre, qui ne se taisait, comme le Sanctus du ciel, ni la nuit, ni le jour, au Laus perennis de Benchor, les saintes escouades qui d'heure en heure se relayaient devant les saints autels, les fervents serviteurs du Christ et de sa divine Mère, mâlaient avec bonheur le nom de Marie et les hymnes à sa gloire. L'Eucharistie et Marie ! Ces deux grands noms résumaient en quelque sorte le culte chrétien en ces âges où la foi inspirait à des âmes sans nombre d'héroïs- me de la vie surnaturelle.
Le Dieu de l'Eucharistie et sa divine Mère, c'était le culte apporté de Benchor à Luxeuil, en 590, par saint Colomban et ses vaillants disciples saitn Gall, saint Ursanne, saint Sigisbert et d'autres encore.
On comprend dès lors que pendant les sept années qui virent le saint moine Ursanne dans la grotte où il avait trouvé la dernière halte et passé la dernière étape de sa bienheureuse vie, sa voix ait redit chaque jour aux échos des monta- gnes du Doubs le nom aimé, le nom mille fois béni de la très Sainte-Vierge.
Et lorsque le saint du Doubs s'en fut allé, le 20 décembre de l'an 620, chanter au ciel les gloires de Celle qu'il avait chaque jour louée, invoquée et chantée sur la terre, les religieux formés à son école, héritiers de sa foi et de ses vertus, continuèrent â mêler dans leurs hymnes quotidiennes le nom immaculé de Marie au nom adorable de son Fils, le Dieu Sauveur.
Pendant quatre siècles, les fils de saint Ursanne chantèrent le nom virginal de leur Mère sur les bords du Doubs, embaumés des parfums de leur piété vive et éclai- rée. Et lorsque leurs voix s'éteignirent sur leurs lèvres par l'iniquité d'un évê- que césarien, prévaricateur et excommunié, d'autres voix ne tardèrent pas à s'éle- ver sur la tombe du saint du désert. De 1120 à 1793, de pieux chanoines renouèrent la chaîne du passé. Sous les voûtes de leur belle et vaste collégiale, dont l'exis- tence est antérieure à l'an 1176, les membres du Chapitre de Saint-Ursanne, Prévôt, Chanoines et Chapelains, n'oublièrent pas un seul jour de saluer de leurs chants la Mère des prêtres et des vrais chrétiens. Aussi voyons-nous figurer dès les temps les plus reculés, parmi les dix-huit chapelles de la collégiale, la chapelle de "Sainte Marie" avec son autel et son chapelain.
Outre cet autel, Marie en avait un second dans l'église paroissiale de la ville. Car la ville avait son église propre, comme le Chapitre sa collégiale.
Le culte de la Mère de Dieu avait ainsi de siècle en siècle jeté des racines pro- fondes dans la population chrétienne du Doubs, lorsque l'hydre de l'erreur, sorti du puits de l'abîme, vint s'asseoir sur des lèvres apostates et essayer de bannir des coeurs chrétiens le double amour du Dieu de l'Eucharistie et de sa virginale Mère.
La voix des Farel et de ses émules en ignorance, en blasphèmes et en sacrilèges, ne trouva nul écho sur les bords du Doubs. Plus que jamais Marie fut bénie, aimée et honorée; le peuple et le clergé n'avaient qu'une voix pour l'invoquer, et Marie répondit à cette grande clameur de la prière, en étendant son manteau protecteur sur le clergé et sur le peuple fidèle à la foi de ses premiers apôtres et de ses pères.
En 1617, ce même peuple montra le plus vif empressement à se faire agréger dans la Confrérie du saint Rosaire de Marie, et dans celle du saint Scapulaire de Notre- Dame du Carmel en 1665. Au reste, ces deux Confréries, si riches d'indulgences, ne faisaient que remplacer à Saint-Ursanne une confraternité plus ancienne. C'était le corps de métier, établi dans la ville en 1434, sous le som significatif de "Compaignie ou Chandoille de Nostre Dame", dite aussi "Confrérie du luminaire de Nostre Dame du mostier laissu", c'est-à-dire de l'église paroissiale située au- dessus de la collégiale.
Cependant Marie n'avait toujours pas de sanctuaire qui lui fut exclusivement con- sacré, En 1711, le chanoine François Chappuy, curé de la ville, voulu répondre à une aspiration que toute la paroisse manifestait depuis longtemps.
A dix minutes de la ville, au coude que fait le Doubs pour reprendre son cours vers la France, s'élevait un humble oratoire, bâti en 1580 en l'honneur de saint Nicolas, dans le champ des morts appelé le cimetière des pestiférés. C'est là, en effet, qu'on avait enterré les nombreuses victimes qu'avait moissonnées la peste de 1576, et sans doute déjà la peste non moins désastreuse de 1534. Or, cet ora- toire, en 1711, menaçait ruine, ce qui donna au curé Chappuy la pensée heureuse de remplacer cet édifice par une chapelle en l'honneur de la Mère des élus et des saints.
Le pieux fondateur voulut que sa chapelle fût une reproduction exacte, sinon par son orientation, du moins par sa forme et ses dimensions, de la Sainte Maison de Lorette.
Son plan fut réalisé avec son voeu. Le 8 septembre 1711, fête de la Nativité de la Sainte-Vierge, la première pierre de la chapelle était posée par le prévôt du Cha- pitre, Jean-Jacques Beurret, docteur en théologie, et le 8 septembre 1712, le même prélat en faisait l'ouverture et la bénédiction solennelle. Il bénissait en même temps la belle statue de Marie et de son divin Fils, qui fait le plus riche orne- ment de la chapelle. C'était un don de la pieuse munificence du Rme Jean-Georges Voirol, le 38e Abbé des Prémontrés de Bellelay.
La chapelle de Lorette, avec sa statue de Marie richement vêtue, sa grille en fer forgé et bien travaillé, la sainte chapelle avec son plafond d'azur semé d'étoi- les et ses murs imitant à l'intérieur la brique rouge de Lorette, vit bientôt accourir de tous les environs et surtout des terres de la Prévôté (Clos du Doubs) de nombreux pèlerins. En même temps, des bienfaiteurs enrichissaient ce beau sanctuaire, et y fondaient jusqu'à soixante messes. Parmi ces bienfaiteurs, il convient de nommer François Bernard Billieux, Ursanne Billieux et sa veuve Marie-Thérèse Liépure, François Danville, Ursanne Theubet, Béatrix Bassand, le prévôt du Chapitre Louis Kloetzlin d'Altnach et le chanoine Antoine de Grand- villers.
Six ans après l'ouverture de la chapelle, ses revenus se montaient à 161 livres et 10 sols de Bâle, soit 4500 fr. valeur actuelle.
Il fallut dès lors, et plus encore dans la suite, établir un chapelain spécial pour célébrer à Lorette les messes fondées et celles que demandaient les pèle- rins. En 1760, le chapelain de Lorette était Ursanne Verdat, auquel succéda Germain Bouvier, l'un et l'autre prêtre de Saint-Ursanne.
Si la chapelle de Lorette avait son chapelain attitré, elle avait aussi son gar- dien. L'année après sa construction, on éleva à la porte du sanctuaire un modes- te édifice. Le premier gardien de Lorette fut un tertiaire de Saint-François, François-Joseph Aubry, de Muriaux ou de Spiegelberg, dans les Franches-Montagnes. A la même époque un autre "Bruder" était gardien de la Grotte: c'était l'abbé Pacifique Migy, de Montenol. Après le frère Aubry et son successeur le frère Schütz, les gardiens de Lorette donnèrent lieu, comme ailleurs, à plusieurs plaintes qui amenèrent leur suppression.
Est-il besoin de rappeler que la chapelle de Lorette fut fermée pendant la Révo- lution ? Dès les premiers jours de l'invasion du pays par les Français en 1792, Saint-Ursanne fut inondé, infesté de ces troupes de "volontaires" volontairement impies. Si les Français d'alors ne trouvèrent pas à Saint-Ursanne, comme à Por- rentruy, un nombre suffisant d'adeptes pour renverser les autels de l'église pa- roissiale et y installer leur déesse et son abominable culte, ils ne s'en mon- trèrent pas moins acharnés à détruire tout ce qui appartenait au culte chrétien.
Cependant un pieux larcin put soustraire la statue miraculeuse de Notre-Dame de Lorette à leurs feux de joie, qui dévorèrent les portraits de douze princes-évê- ques, ornement de la grande salle de l'Hôtel de Ville. Nous venons de dire: la statue miraculeuse. Plus de quarante ex-voto, conservés dans la chapelle, nous autorisent à donner ce nom à l'image de Marie. Ces ex-voto, témoignages de la prière exaucée, représentaient tour à tour des malades désespérés du médecin ou même des mourants revenant à la vie, des noyés ou d'autres malheureux échappant à la mort par l'intercession de Notre-Dame de Lorette, etc., etc. ... On voit sur ces tableaux, offerts par la reconnaissance, jusqu'à des troupeaux d'animaux domestiques, dont la conservation en temps d'épidémie est attribuée aux humbles prières adressées à la Protectrice puissante de tous ceux qui l'invoquent avec une humble ferveur.
Fermée pendant les jours de la Terreur, la chapelle de Lorette essaya timidement de se rouvrir sous les thermidoriens. Mais ces derniers ne le cédaient pas à Ro- bespierre en haine de la religion. Un prêtre s'était hasardé, en 1797, il y al- lait de sa vie, à célébrer le saint sacrifice dans la chapelle de Lorette au mi- lieu d'une affluence considérable de fidèles. Cette affluence le sauva. Tandis que les gendarmes accouraient s'emparer du proscrit, il se perdit dans la foule qui favorisa sa fuite. Le conseil municipal faillit, pour ce fait, se voir destitué et jeté dans les prisons de la France révolutionnaire. L'audace seule de la résistance le sauva. Parler haut au personnel de thermidor et menacer de révéler leurs turpitudes, c'était leur imposer. La municipalité de Saint-Ursanne, en face du juif Lopez, qui faisait la pluie et le beau temps dans le pays, usa de ce procédé, et le Juif trouva bon, dans sa prudence, de battre en retraite.
Après le Concordat de 1802, la statue de Notre-Dame de Lorette ne tarda pas à faire sa réapparition dans son sanctuaire. Les pèlerinages reprirent bientôt leur cours. Des paroisses entières revinrent, comme autrefois, en procession à Notre-Dame de Lorette. On venait demander à son intercession puissante, tantôt la sérénité du ciel tantôt les pluies que réclamait la terre. Au nombre de ces paroisses, nommons Boécourt, Glovelier, Saint-Brais, Epauvillers et Lamotte.
Grâce à une loi draconienne imposée au Jura par le Kulturkampf bernois, ces processions ont cessé. Interdites par la loi en question, elles sont devenues impossibles. Ce qui n'empêche nullement les anciens de redire à qui veut l'en- tendre: "Vingt fois nous sommes venus en procession demander à Notre-Dame de Lorette le temps nécessaire ou favorable à nos récoltes, et chaque fois nos prières publiques ont été exaucées !"
Espérons qu'un jour la liberté religieuse fleurira de nouveau dans notre Jura, et que les processions saintes pourront de nouveau se déployer au soleil de la vraie liberté.
En attendant, les fondations pieuses d'autrefois ont été ruinées par la Révolu- tion qui les a dévorées, comme elle a dévoré la fortune de la ville de Saint- Ursanne et bu le sang de ses fils et de ceux de la Prévôté.
De nos jours, une nouvelle fondation a été faite, pour la célébration de la sain- te messe dans la chapelle, le samedi de chaque semaine depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte.
En outre, on y célèbre la sainte messe à divers autres jours de l'année, et chaque fois la chapelle est trop petite pour recevoir les assitants.
Deux prêtres, selon leur pieux désir exprimé de leur vivant, ont trouvé leur der- nière demeure sous le pavé de la sainte chapelle. Ce sont les deux curés de la vil- le, MM. Bernard Parrat, un des derniers chanoines de l'ancien Chapitre de Saint- Ursanne, mort en 1804, et Jean-Jacques Besançon, d'abord curé à Novilard, près Giromagny, décédé à Saint-Ursanne, en 1818. Ils furent l'un et l'autre de fervents serviteurs de Marie. Espérons qu'après avoir prêché ses grandeurs et imité ses ver- tus sur la terre, tous deux contemplent et chantent sa gloire dans les cieux.
in: Chèvre, G.F. Mgr., curé-doyen de Porrentruy Les principaux sanctuaires de Marie dans la Suisse catholique. Fribourg, Imprimerie-Librairie catholique suisse, 1898, p. 23-29.
André Lachat
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