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SAINT-URSANNE ET SA COLLEGIALE CHANTRES ET ORGANISTES DE LA COLLEGIALE
Ces notes ne sauraient aucunement remplacer le remarquable travail de GEORGES CATTIN DU NOIRMONT qui vient de présenter les orgues et les organistes de la COLLEGIALE DE SAINT-URSANNE dans son dernier ouvrage: ORGUES ET ORGANISTES D'AJOIE ET DE SAINT-URSANNE. Instruments, facteurs d'orgues et musiciens, du XVe siècle à nos jours. (Saignelégier), Editions Le Franc-Montagnard, 1999, 543 p., ill. (by Georges Cattin, Le Noirmont)
1595 Dans un protocole du Chapitre, il est déjà question d'un chantre appelé "Maître Henry". (Archives de l'Etat de Berne: Livre A.) 1596 Ursanne Pavignot fils de Willemin, de St-Ursanne. Il était maître d'école, notaire et organiste. Il avait de grands revenus; il vendit une maison au Chapitre. Voici le procès-verbal du 12 septembre 1596: "Le Chapitre nomme U. P. - Le Chantre et organiste et maistre d'école devra desservir et ayder en l'esglise, et instruire la jeunesse et les enfants qui lui seront donnez en charge, et aux fêtes solennelles, jouer et frapper les orgues, et ce, pour le terme et temps de quinze ans, commençant à la saint Michel. Traitement: ..." et pour ses gaiges, peines et salaires, par dessus ce que la ville donne pour l'entretenement d'un maître d'eschole, il aura un (chscun) chascun ou premièrement quinze tins de vin de Habsheim, item aura sa demeure et résidence et tiendra l'eschole en la maison proche la Cour Monsieur, avec le curtil et toutes les appartenances d'école. item, neuf bichets par moitié froment et avenne avec six penault de limage, mesure de St-Ursanne en bonne graine. item, de la messe de Notre Dame 2 bichets et un bichet sur les graines du Chapitre. item, en argent, autant qu'un chapelain desservant en l'esglise. item, en poissons des rivières, autant que les chapelains. (15 tines de vin = 750 litres, plus 500 litres de graines) Pavignot fut organiste 26 ans environ. 1622 Marc Roth d'Heiligenberg, en Souabe. Il succède à Pavignot. Auparavant il était organiste à l'abbaye de Lucelle. A peine reçu, il demande que le chapitre lui paie ses dettes à Soleure, qu'on lui avance de l'argent pour s'acheter des chaussures à la foire de Porrentruy. Il était violent et un jour, en ayant assez, il lance les clés de l'orgue à la figure du chanoine Franckenberg, en l'insultant; c'était lui qui lui donnait ses honoraires. Le 27 février 1627, Roth n'était plus organiste, il quittait le chapitre, demanda publiquement pardon et alla recevoir les ordres. 1628 Mathieu Heschy d'Appenzell. Laïc. Caspar Ulrich Alsacien. Laïc. Mort en 1677. 1678 Jacques Tissot de Fribourg, en Suisse. Laïc. Grieser Il était aussi laïc. 1685 Jean-Louis Jobin des Franches-Montagnes, notaire et régent. Les archives de la collégiale possèdent de lui un très beau graduel parchemin. C'est plutôt un recueil pour les matines. Il a été fait aux frais de Jean-Jacques Beurret, docteur en théologie et custode de l'insigne collégiale. Ce livre datant de 1695, est intéressant pour l'histoire du plain-chant. Jobin avait eu 40 livres pour faire cette copie sur un manuscrit presque illisible. Il voulut encore doter le chapitre d'un autre livre avec les hymnes, antiennes, etc. Ce fut remis à plus tard. Ses obligations ? Comme celles de ses prédécesseurs. Ses revenus ? 15 ohms de vin = 675 litres et le produit de la rivière de la teffe, avec les vicaires et les chapelains. 9 bichots, par moitié. Il avait un jardin, une chenevière, un verger de l'autre côté de la porte de Porrentruy, près de la Clouterie et encore le salaire d'un chapelain. Il meurt en 1698. 1698 Frédéric Plumé de Porrentruy. Il fut nommé à cause de son grand talent pour l'orgue et divers instruments. Il fut aussi le ... caviste du Chapitre. Il devint prêtre et fut très utile à la Collégiale. En 1733, pour le remercier de ses grands services, il fut nommé chapelain d'honneur. 1733 François-Bonaventure Cuenin de Delémont. Il fut accepté le 28 mars 1733. Plus tard il fut condamné avec d'autres pour avoir refusé l'obéissance à Son Altesse, le 4 décembre 1744 et à 86 livres d'amende et à un mois d'arrêt dans sa maison. Son accusation ? Il avait fait 4 copies de divers griefs envoyés en 1730 au curé Hennet par le custode Bassand. Il avait encore mis sa signature avec celle de 23 prêtres de Porrentruy et de l'Ajoie au bas d'une attestation en 1733 contre la décla- ration de Copin, curé révolutionnaire. La soeur de Bonaventure Cuenin était la mère de Copin. François-Bonaventure Cuenin meurt le 30 mai 1744. Durant 35 ans, il rendit service au Chapitre. Il fut célèbre pour son talent musical et surtout celui d'organiste; remarquable aussi pour sa piété et son amour des pauvres. Il était âgé de 58 ans. Notice sur l'abbé Copin Né à St-Ursanne le 26 août 1723. Son père était François-Bernard Copin, maître- bourgeois de la ville et chirurgien du Chapitre. D'abord choriste à la collégiale, il fit sa théologie au séminaire de Porrentruy. Le dimanche du Rosaire en 1746, Première Messe à St-Ursanne. Ensuite, curé de Chevenez. Il se rendit à Besançon, pour une cure vacante. Long procès entre l'Ar- chevêque de Besançon et le Chapitre. Cela coûta cher à St-Ursanne. Démarche à Rome... puis décret impérial de Vienne pour chasser le sieur Gelin du bénéfice curial de Chevenez et d'y installer Copin. Le Chapitre perdit le procès qui dura deux ans et neuf mois, et dut payer deux mille livres. L'abbé Copin fut nommé curé du Noirmont jusqu'à la Révolution. Ce fut un révo- lutionnaire exalté et ... schismatique... Plus tard, il se réconcilia avec l'église, pleura ses égarements et finit ses jours dans sa paroisse du Noirmont, le 10 juin 1804. Il en avait été l'ange, tantôt bon, tantôt mauvais. (voir F. Chèvre, St-Ursanne, p. 567). 1744 Fridolin Volk de Brisgau. Il se présente le 7 octobre 1744. On le conduisit à l'orgue, on le fit jouer ainsi que du violon. On le fit chanter le grégorien et la musique figurée. On l'accepta. Une fois ordonné, le Haut Chapitre de l'évêque à Arlesheim l'enleva pour le Grand Orgue de la cathédrale. Son successeur fut: 1745 Anton Vieland de Rheinfelden. Il était prêtre. Il resta fidèle pendant plus de 50 ans ! Organiste, chantre et grand connaisseur de l'orgue auquel il fit de nombreuses réparations. Lorsque la Révolution française arriva à St-Ursanne, Vieland avait eu une attaque et était paralysé. La municipalité de la ville demanda au directoire ce qu'il fallait faire au sujet de Vieland. Les instructions données, deux membres de cette municipalité vinrent trouver le malade et lui donner lecture du décret. C'était le 27 mai 1793. On voulait lui faire signer la déclaration. Mais "ils le trouvent dans un si pitoyable état qu'à peine pouvait-il parler". Vieland déclara qu'il n'était pas en état d'être un mauvais citoyen, qu'il espérait qu'on ne lui ferait pas signer le serment pour le peu de jours qu'il avait encore à vivre, d'autant plus qu'il n'était plus et ne pouvait plus être un fonctionnaire public. Vieland mourut, âgé de 80 ans, le 20 février 1797. Il est enterré à Lorette; il eut une heureuse influence sur la musique et le chant. 1782 Abbé Meyer excellent organiste. Voici ce que dit de lui un procès-verbal: "1er mai 1783. L'abbé Meyer dont le Chapitre a lieu d'être très satisfait, ayant été nommé par Madame la princesse de Seckingen à un bénéfice de son église, il est venu l'annoncer et déclarer que si on voulait lui faire un sort stable ici, il préférerait rester. Sur quoi, mûre réflexion prise, et eu égard sur tout ce que nous trouverions sur son départ à la veille de manquer d'organiste, et que, d'ailleurs, le dit abbé Meyer est un sujet très bon pour le choeur, on lui a assuré le gage annuel de 400 livres bâloises." Et le procès-verbal du 6 septembre: "5 septembre 1784. Messieurs du Chapitre de Delémont ayant fait des démarches vives et réitérées pour nous enlever l'abbé Meyer, un des supports de notre choeur, il a été résolu qu'on écrirait à ces Messieurs pour se plaindre de leurs procédés. 1784 Jean-Pierre Berberat de Fornet. Il fut reçu le 15 avril 1784. Il sortait de l'abbaye de Bellelay. Il fut organiste puis se rendit à Besançon, pour le séminaire. 1785 L'Hoste le Jeune Son père, organiste à Porrentruy offre son fils comme organiste du Chapitre. Par la suite, son père fit tout pour l'enlever à St-Ursanne et le nommer organiste à Porrentruy. 1806 Joseph-Simon Brossard de St-Ursanne. 1809 François-Xavier-Ignace Gognat de Fornet. 1809-1812. Le 6 novembre, ce nouvel instituteur de Fornet entrait en fonction avec l'obligation d'enseigner aux enfants de 7 à 16 ans, la lecture, l'écriture, le catéchisme, l'orthographe, l'arithmétique et le plain-chant..."il répondra la grand'messe, chantera les Vêpres les dimanches et les fêtes, et les susdits jours récitera le chapelet à l'église le soir. Traitement d'organiste: Fr. 94.80". 1813 Joseph Boillotat Fr.-X.-I. Gognat dut céder la place à un ressortissant de la ville: Joseph Boillotat, fils du maçon Dominique qui avait tout fait pour avoir en son fils un instituteur. Il fut organiste de la paroisse. Il fut franchement incapable. Peu de progrès dans l'instruction et la discipline de ses élèves. Devant les plaintes, il promet de "faire mieux" et de s'abstenir de la fréquentation des cabarets et des courses nocturnes. Mais il doit démissionner en 1830. 1830-1883 Joseph Berberat On le nommait le "1er organiste du Jura". Régent, organiste et facteur d'orgue. Homme vraiment éminent, d'une intégrité parfaite, bienfaiteur de la jeunesse. Il était originaire de Fornet-Dessus (Lajoux), d'abord régent et organiste à Bartenheim, en Alsace. Nommé ensuite instituteur et organiste par le Conseil de la ville, "il aura de la fabrique 90 livres suisses (Fr. 135.--) comme organiste". J. Berberat est né à Porrentruy, le 16 juin 1802. Son père habitait le modeste logement de Lorette. Excellentes études et instituteur à 16 ans. Catholique convaincu. La musique était le repos du travailleur. Connaissant à fond la facture d'orgue, il restaura l'orgue de la collégiale et construisit de ses propres mains un pianino. Comme harmoniste, il était dans le Jura le premier organiste de son temps. Il composa une méthode d'harmonie théorique et pratique. En 1833, il eut un aide. Jean-Baptiste Piquerez, fils de l'ancien maire de St-Ursanne. Il fut aussi régent. Pianiste et organiste, il maniait parfaitement les instruments en cuivre; il fut le premier à créer à St-Ursanne et à organiser une société de fanfare. A sa demande, la ville décide le 8 septembre 1858 d'acheter sur les fonds de bourgeoisie, les instruments suivants: grande caisse - chapeau chinois - cymbales - ophicléide - trombone et d'autres instruments qu'on ne peut jouer isolément. Il est mort en 1881. Durant le "Kulturkampf" le régent Saner est organiste avec un salaire de Fr. 200.-- par an. Il laissa une note de Fr. 212.-- pour ses "dîners". 1883 Marie-Thérèse Schirlin Demoiselle, de Strasbourg. Elle vient à St-Ursanne en 1870. Organiste sans salaire, bienfaitrice de la paroisse, elle donna à l'église Fr. 1,500.--. Vie de religieuse accomplie. Elle eut une grande influence morale. Son décès survint le 25 mars 1907, âgée de 67 ans. 1905 Ali Gogniat instituteur 1931 Joséphine Scherrer (D'après une copie des travaux de recherches effectués par M. l'abbé Paul Nussbaumer, curé de Fahy. 24.4.1970). André Lachat. 18.1.2000 Mise à jour : 30.10.2005 |